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Cerveau et réalité virtuelle : Les dangers

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La réalité virtuelle ne fait pas que des heureux et nombreux sont ceux à s’inquiéter des dangers que peu représenter la technologie pour l’Homme. On nous parle d’addictions, des risques d’isolements, de risques psychologiques et des dangers pour les enfants. Mais à côté de ça, la réalité virtuelle a offert beaucoup de bonnes choses à la médecine : soin des phobies, sensibilisation du public et aide aux formations chirurgicales pour ne citer que ces quelques exemples. Mais le sujet qui nous intéresse aujourd’hui est tout autre : L’impact de la réalité virtuelle sur le cerveau et ses conséquences, en bien comme en mal.

La réalité virtuelle est-elle dangereuse pour le cerveau humain ? C’est la question que des experts se sont posés, comme le chercheur Hunter Hoffman, directeur du centre de réalité virtuelle de l’Université de l’état de Washington à Seattle.

Calmer la douleur

Les grands brûlés peuvent souffrir le martyr au point qu’ils ne supportent plus leur traitement. «Même sous puissants narcotiques, la douleur est insoutenable» explique le chercheur Hoffman. Mais le moment que ces blessés redoutent le plus est la séance de nettoyage quotidienne qui ouvre leurs plaies de nouveau et qu’aucun produits comme la morphine n’est capable de soulager. Et c’est là que la réalité virtuelle entre en jeu : projetés dans des environnements polaires, les brûlés ont pu naviguer à leur guise dans des terres glacées, loin du feu, de la douleur, et de l’eau qui coule sur leurs blessures.  Les médecins ont ainsi pu réduire leurs douleurs sans faire usage de morphine.

Suite à ces résultats probants, certains volontaires ont accepté de passer un IRM durant lequel des stimulus ont été effectués pour simuler la douleur pendant que les patients, loin de ce danger, naviguaient en réalité virtuelle grâce à un casque entièrement composé de plastique (la présence d’un aimant extrêmement puissant interdit la présence de métaux dans les salles d’IRM). Les résultats ont été sans appel, la partie du cerveau réservée à la douleur est bien diminué naturellement.

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Selon ce même docteur il y aurait un risque pour le cerveau car les ralentissements pourrait être dut à une surproduction d’endorphines.

« Les endorphines sont des hormones sécrétées par des glandes cérébrales, l’hypophyse et l’hypothalamus, et présentes dans de nombreux organes, dont le cerveau et la moelle épinière. Ces hormones ont des effets proches de la morphine utilisée comme médicament antalgique. Elles sont émises dans des moments d’effort physique, d’excitation intense, de douleur, ou d’orgasme. Les endorphines agissent sur la douleur en se fixant sur les récepteurs morphiniques situés dans le thalamus au niveau des centres régissant la douleur. Elles provoquent une sensation de relaxation, de bien-être, voire dans certains cas, d’euphorie » .  Définition du site Santé-Médecine.

Afin de vérifier son hypothèse le docteur a décidé de faire appel à de la naloxone. Il s’agit d’un composé chimique qui est un antagoniste de la morphine et des endorphines et qui annule l’effet de ces derniers, si effectivement la douleur n’est plus atténuée par l’utilisation des casques, cela confirmera son hypothèse.

Surveiller les enfants

Selon Phillipe Fuchs, expert en réalité virtuelle et professeur à l’université des Mines de Paris et auteur du livre « Les casques de réalité virtuelle et de jeux vidéo », l’on ne peut pas laisser de tels risques sous silence. Il convient donc de prendre les précautions qu’il faut, effectuer les études nécessaires et même si il ne sert à rien de s’inquiéter pour le moment, il convient de surveiller de près l’évolution du processus. «Si les adolescents ou même les adultes passent beaucoup de temps sur un jeu, cela peut peut-être modifier le fonctionnement de leur cerveau. J’appelle les neuroscientifiques à se pencher sur cette problématique.»

Mais ce qui préoccupe principalement les chercheurs se sont les effets à long termes sur les enfants. Nous ne pouvons encore rien savoir et c’est pourquoi les principaux fabricants de casques comme Samsung, Facebook ou HTC interdisent l’utilisation des casques au moins de 12-13 ans.

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Les rats comme cobayes

Certains se posent déjà toutes ces questions depuis des années comme une équipe de scientifique de l’Université d’UCLA en Californie, le professeur Mayank Mehta qui fait partie de cette équipe  affirme avoir remarqué en 2013 après un examen approfondi du cerveau de rats soumis à la réalité virtuelle que 60% des neurones de l’hyppocampe (partie du cerveau concentrée sur la mémoire et les repères spatiaux) devenaient inactifs lorsque le rat est plongé dans la réalité virtuelle, les 40% restants évoluaient quant à eux comme s’il étaient totalement désorientés.

A  cela vient s’ajouter une baisse sensible du rythme cérébral. Ces résultats ne sont pourtant pas si surprenant, après tout, la réalité virtuelle trompe le cerveau et c’est tous ça qui fait la magie de ce procédé. Faut-il donc s’inquiéter ? Non. S’en préoccuper ? Oui, car si ces perturbations ne sont présentes qu’en présence d’un casque sur la tête nous ne pouvons pas encore savoir ce qu’il pourrait advenir au bout de plusieurs années. «Je ne pense pas que nous devons avoir peur pour le moment, mais nous devons faire attention. Il ne faut pas considérer la réalité virtuelle comme une télévision améliorée, c’est fondamentalement faux. Nous devrions faire plus d’études pour comprendre et savoir si on peut s’attendre a des conséquences à long terme.»

Aujourd’hui l’équipe californienne mène de nouvelles études qui auront pour but à terme d’étudier l’intérieur même d’un neurone, pour analyser les messages chimiques et électriques qui parcourent le cerveau durant une immersion en réalité virtuelle pour enfin savoir comment la VR affecte ce dernier.

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Le cerveau en danger ?

L’analyse de ces deux études nous permet aujourd’hui de se rendre compte d’une chose : nous ne savons pas encore grand chose sur les conséquences de la réalité virtuelle sur le cerveau. Nous savons par contre qu’elle apporte beaucoup de bienfaits médicaux dans divers domaines. Ces aspects négatifs n’ont pas encore été révélés et il convient donc d’être prudent et de suivre les études menées pour connaitre les véritables conséquences de la réalité virtuelle sur le cerveau et le corps en général. C’est une technologie nouvelle qu’il convient de manier avec prudence si l’on désire en faire une utilisation intensive pour le moment.

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