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Métavers et architecture : Quelles relations y-a-til entre les deux ?

Le métavers (ou metaverse) et l’architecture sont deux domaines tout à fait différents mais pas moins interdépendants. Dans ce dossier, on va voir comment l’un influence l’autre et pourquoi.

Le métavers prend l’architecture comme base, notamment dans sa construction. Ce monde virtuel, de plus en plus en vogue, notamment après l’annonce de Meta en octobre 2021, rassemble de plus en plus d’adeptes.

A commencer par les jeux en VR, il y a quelques années, on se retrouve aujourd’hui dans un monde complètement immersif et interactif. L’essor de cet environnement virtuel connaît plusieurs causes à l’instar des NFT et de la crise sanitaire. Mais on peut toutefois estimer que dans les années à venir, le métavers sera le cœur de la société moderne. Alors comment peut-on envisager le rôle des architectes dans sa construction ?

Qu’est-ce que le métavers ?

Le terme « métavers » a été introduit dans notre vocabulaire par Neal Stephenson dans son roman de science-fiction intitulé Snowcrash en 1992. Cependant, le terme n’a trouvé sa véritable raison d’être que plusieurs années après. Dans son ouvrage, Stephenson a désigné le métavers comme successeur d’Internet. Ce qui n’est pas réellement le cas, puisqu’on utilise Internet pour entrer dans le métavers.

D’autres films tels que Matrix ou Ready Player One illustrent le métavers. C’est, en fait, un monde virtuel où les gens peuvent interagir par le biais de leur avatar. On peut imaginer le métavers comme un monde alternatif où l’interaction ne requiert plus aucun contact physique.

A l’heure actuelle, l’industrie des jeux vidéo investit des sommes colossales pour satisfaire leur public. On peut ainsi jouer à des jeux immersifs. Toutefois, d’autres domaines tels que la mode ont récemment rejoint la communauté. On y trouve des articles de beauté que les avatars peuvent acheter à l’aide des monnaies virtuelles.

Métavers et architecture, quelle différence ?

Le métavers représente le monde réel dans une architecture virtuelle. De la sorte, il y a une différence notoire en termes de dimensions. Mais avant cela, il importe de noter que certains éléments du monde réel ne peuvent pas être pris en compte.

On peut citer les aléas climatiques et la gravité. Dans un monde virtuel, ni le vent, ni la pluie ne peuvent atteindre les structures édifiées. Il en est de même pour la gravité. Ce qui offre aux architectes plus de liberté par rapport à la construction dans le monde réel. Il suffit de faire appel à leur imagination pour créer un monde extraordinaire.

Par ailleurs, le métavers n’inclut pas tous les 5 sens, ce qui limite les ressources en matière d’architecture. Si on peut jouer sur les effets visuels, on ne peut pourtant pas miser sur le toucher.

Une autre différence réside dans la visualisation. Dans l’architecture traditionnelle, il faut se contenter des dimensions mentionnées sur les informations. En revanche, dans le métavers, on peut explorer l’espace avant même d’y accéder en réalité. Cette visualisation est plutôt facile car elle ne nécessite aucun déplacement.

Dans quelle mesure la construction du métavers fait-elle appel à l’architecture ?

Puisqu’il s’agit d’un monde géométrique, il faut alors le concevoir en faisant appel aux architectes. En effet, le métavers n’est que la reproduction du monde réel, avec quelques améliorations. En se basant sur les éléments essentiels tels que les grands monuments, les routes, etc. l’architecte du métavers peut toutefois y ajouter sa touche personnelle.

Cependant, le métavers est, pour certains, une façon de commémorer les monuments historiques et les endroits particuliers qui ne sont plus. Qu’ils soient rayés par l’activité humaine ou suite à des catastrophes naturelles, on pourra toujours les consulter à l’intérieur du métavers. De ce fait, il est indispensable de garder la structure d’origine ; ce qui n’est faisable qu’avec l’aide des architectes.

Un autre argument peut témoigner de l’importance de l’architecture dans la construction du métavers. Il s’agit de l’investissement dans l’immobilier virtuel. Ce type d’investissement qui est en plein essor repose sur la technologie blockchain.

Si l’investissement dans l’immobilier virtuel a pris une telle ampleur, c’est particulièrement à cause du marché des NFT. En effet, le marché des NFT a connu une ascension exponentielle en 2021, notamment avec celle des mondes virtuels tels que Decentraland, Somnium Space et The Sandbox. L’exposition des œuvres d’art, les divers achats d’objets virtuels, et même la promenade peuvent s’effectuer dans ces mondes virtuels.

Interdépendance entre le métavers et l’architecture

En dépit de leur différence, le métavers et l’architecture demeurent interdépendants. Dans un premier temps, la construction du métavers ne peut pas se passer de l’architecture authentique. Dans un second temps, les architectes doivent suivre le cours du développement technologique pour pouvoir réussir la construction du métavers. Ainsi, les architectes qui veulent réussir dans cette nouvelle opportunité doivent remplir certains critères dont la connaissance du monde des jeux et de la programmation entre autres.

Apprendre la réalité virtuelle et le 3dmodeling

Le métavers, étant un monde virtuel construit avec la technologie 3D, nécessite des professionnels en la matière. A la base, être architecte suffit pour concevoir divers types de structures. Cependant, dans un monde virtuel, l’interface utilisateur, la conception des avatars, etc. doivent être attrayantes. D’où la nécessité de compétences particulières telles que celles du designer.

Ce qui fait que la méta-architecture combine bon nombre de compétences, particulièrement dans le 3dmodeling. Peut-on ainsi déduire qu’un designer réalité virtuelle peut devenir architecte du métavers ?

S’initier dans le monde du jeu

Le métavers est beaucoup plus exploité dans l’industrie du jeu. Aussi, il va falloir, pour ceux qui veulent poursuivre leur carrière dans le numérique, d’en apprendre davantage. Si on creuse un peu plus, on peut voir que la plupart des jeux vidéo se passent dans le métavers. C’est d’ailleurs pour cela qu’aujourd’hui, bon nombre de jeux existent en VR.

En outre, il existe d’autres jeux classiques qui nous invitent à immerger dans la construction de villes. SimCity en est un exemple concret. Ce jeu s’avère beaucoup plus inspirant étant donné que les techniques de construction imitent celles de la construction dans le monde réel. Cela fait appel à la fois à des compétences aussi bien dans le métavers (des logiciels tels que Blender, Maya, etc.) que dans l’architecture.

Plonger dans la programmation et le génie logiciel

Il existe déjà des outils propres à l’architecture à l’instar d’AutoCad et Grasshopper. Seulement, les architectes traditionnels les utilisent pour concevoir des projets qu’ils vont peut-être mettre des années pour réaliser. En revanche, construire dans le métavers nécessite moins de temps, mais plus de compétences.

Ce qui implique la nécessité d’apprendre le codage et la programmation. Pour cela, il faut utiliser d’autres outils comme Processing, Julia ou Python. En fait, non seulement, le public demande une interface utilisateur conviviale, mais aussi intuitive.

Une bonne notion en génération de contenu procédural

La génération de contenu procédural ou PCG combine l’intelligence humaine et celle de l’ordinateur. Cette méthode est souvent utilisée dans la conception des jeux vidéo, mais également des films. Elle permet aux concepteurs de générer du contenu à volonté.

Aujourd’hui, il existe plusieurs façons de générer du contenu sans fin. Houdini est l’un des plus puissants outils de génération de contenu procédural. Il est surtout utilisé pour créer des contenus en matière d’animation 3D et des effets visuels. On l’utilise dans les jeux vidéo, la réalité virtuelle et le cinéma.

CityEngine est également un logiciel de modélisation qui est plutôt orienté dans le secteur commercial. Ce logiciel spécifique s’utilise en général dans la génération d’environnements urbains 3D. Ce qui permet de créer des modèles de ville 3D.

Un peu d’intelligence artificielle

Concevoir le métavers nécessite aussi l’apprentissage automatique. Cela implique une connaissance en matière d’intelligence artificielle. Or, c’est à partir de l’intelligence artificielle qu’on peut procéder à l’apprentissage automatique. GAN ou General Adversarial Network figure parmi les plateformes les plus prisées en matière de design. Dans le métavers, on retrouve cet outil pour offrir différents styles à l’architecture.

Avec le temps, qui sait, un nouveau métier va naître pour renflouer les métiers du métavers. Il s’agit du méta-architecte qui se focalise en particulier sur le design et les visuels à l’intérieur du métavers. Ce métier diffère de celui d’architecte traditionnel qui s’occupe des bases de la construction.

L’architecture dans le métavers, une opportunité à saisir ?

Le vent souffle du côté du monde virtuel qui est le métavers. Ce monde s’incruste peu à peu dans la société actuelle : arts, divertissements, travail, etc. Ce qui amène à conclure que le métavers se trouve être une nouvelle opportunité pour le secteur de l’architecture. L’investissement dans l’immobilier virtuel va prendre une ampleur d’ici quelques années.

Les jeux en VR ont ouvert le bal, suivi par les NFT qui ont bondi depuis 2021. De la sorte, les entreprises modernes accourent dans la création d’actifs numériques, qui sont plus sécurisés. Decentraland, comme plusieurs autres plateformes, a déjà commencé à vendre des parcelles de terrain virtuelles destinées à la construction. Ce qui a augmenté la demande en matière de méta-construction.

Afin de suivre cette avancée à grand pas, les architectes vont devoir suivre le changement. En plus d’avoir les compétences de base, les architectes ont besoin de se familiariser avec les outils du métavers pour rester dans le secteur de l’architecture.

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