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V-Commerce : comment VR et AR transforment shopping et e-commerce

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Le V-Commerce, ou commerce virtuel, désigne le commerce en réalité virtuelle ou réalité augmentée. Ces deux technologies sont en passe de révolutionner totalement le shopping en point de vente physique et le e-commerce. Découvrez comment le v-commerce va transformer le shopping au cours des années à venir, quels sont ses avantages, et quelles sont ses limites.

Avec la démocratisation d’internet, le e-commerce a littéralement révolutionné la vente au détail et le shopping. De plus en plus de personnes préfèrent effectuer leurs emplettes sur le web plutôt qu’en magasin. Selon IHL Group, les ventes de e-commerce ont augmenté de 12,1% au second trimestre 2017. Les avantages du commerce en ligne sont nombreux.

Les commerçants et les plateformes comme Amazon peuvent faire des recommandations aux clients en se basant sur leurs historiques d’achats, et les consommateurs peuvent économiser du temps et de l’énergie en effectuant leurs achats depuis leurs ordinateurs ou même leurs smartphones. De plus, tout le monde peut désormais accéder à tous les produits du monde entier. Le e-commerce a indéniablement révolutionné le shopping.

La prochaine révolution pourrait être amorcée par la réalité virtuelle et augmentée. Le terme de « V-commerce », pour « Virtual Commerce », désigne le commerce en réalité virtuelle. Il peut s’agir de ventes réalisées ou facilitées par la VR dans les boutiques physiques, ou directement de ventes réalisées au sein d’environnements virtuels. Si ce terme existe, c’est tout simplement parce que de nombreux commerçants utilisent déjà la réalité virtuelle et augmentée. Découvrez comment le V-Commerce transforme déjà le shopping.

Comment le V-Commerce transforme déjà le shopping

Le géant suédois du mobilier d’intérieur Ikea utilise déjà la réalité augmentée. Grâce à l’application mobile Ikea Place, les utilisateurs peuvent visualiser à l’avance la manière dont un meuble s’intégrera à leur logis. Concrètement, l’application permet de superposer une modélisation 3D d’un meuble à l’environnement réel filmé par l’utilisateur avec son smartphone. Par exemple, vous pouvez filmer votre salon et ajouter une représentation virtuelle d’un canapé repéré sur Ikea à l’emplacement de votre choix.

Il est possible de choisir le coloris, ou même les dimensions si le meuble existe en plusieurs gabarits. Ceci permet de gagner du temps pour vérifier si un meuble n’est pas trop encombrant pour votre appartement, et d’éviter la déconvenue en s’apercevant que ce canapé jaune foncé ne se marie pas du tout avec votre décoration. S’il est satisfait du rendu, l’utilisateur peut directement acheter le canapé depuis l’application d’un simple clic.

En utilisant le logiciel de scanning 3D Matterport, Ikea a aussi créé un magasin grandeur nature en réalité virtuelle. Pourquoi se déplacer jusqu’à un magasin Ikea pour aller se disputer en couple le week-end, quand on peut le faire dans la VR ?! Les utilisateurs peuvent explorer les rayons exactement comme dans le monde réel, mais depuis le confort chez eux en utilisant n’importe quel casque de réalité virtuelle. L’autre avantage est que vous ne risquez pas de subir le bain de foule d’un magasin bondé un samedi après-midi.

De la même manière, l’Américain Lowe’s propose une application en réalité virtuelle intitulée Holoroom. Cette application propose à l’utilisateur d’indiquer les dimensions de sa maison pour matérialiser un bâtiment virtuel présentant la même superficie. L’usager peut ensuite meubler ce logement virtuel à l’aide des différents meubles du catalogue de Lowe’s pour visualiser la manière dont les différents produits s’intégreront chez lui.

Le géant américain du e-commerce Ebay a lui aussi lancé son magasin virtuel en 2016. Cependant, contrairement à Ikea, la firme ne mise pas sur le réalisme et cette boutique VR s’apparente davantage à une toile permettant aux utilisateurs de naviguer intuitivement entre les produits. Du côté de la Chine, le colosse Alibaba mise lui aussi sur la VR avec Buy+, un centre commercial en réalité virtuelle regroupant de nombreuses enseignes.

Cette fois, l’expérience du shopping au sein d’un véritable mall du monde réel est fidèlement retranscrite, et le résultat est plutôt impressionnant. Les produits sont matérialisés en 3D, et l’utilisateur peut les inspecter sous toutes les coutures pour décider ou non de les acheter. En une semaine, ce service avait fédéré huit millions d’usagers.

Le V-Commerce intéresse-t-il les consommateurs ?

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En 2015, avant même que la VR ne s’ouvre au grand public, une étude menée par Walker Sands révélait que 66% des consommateurs étaient intéressés par le concept de shopping virtuel. Plus récemment, une étude menée par Greenlight VR indique que 53% des consommateurs seraient plus intéressés par une marque si elle utilisait la réalité virtuelle pour vendre ses produits.

Une autre étude menée par Westfield auprès de 13000 personnes révèle que 41% d’entre eux sont intéressés par l’utilisation de la réalité virtuelle pour voir comment un produit s’intégrerait chez eux, et 33% pour essayer des vêtements depuis chez eux sans avoir à se rendre en boutique.

Il existe donc un potentiel immense pour ce marché naissant, et les quelques exemples cités plus haut ne sont qu’un début. Le V-Commerce n’en est qu’à ses débuts, et se développe à grande vitesse. Découvrez l’ampleur des possibilités offertes par la réalité virtuelle et augmentée pour le shopping.

V-Commerce : quel futur pour le shopping VR / AR ?

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Pour l’heure, les exemples cités précédemment laissent encore à désirer. Si l’on prend l’exemple d’Alibaba Buy+, l’expérience n’est pas très fluide et le nombre de produits est limité. Pour cause, l’essor du V-Commerce est encore freiné par les limites techniques de la réalité virtuelle et augmentée. Cependant, à mesure que les casques VR / AR vont s’améliorer, avec par exemple une hausse de définition ou une miniaturisation, l’expérience deviendra plus réaliste et plus confortable.

Dans un avenir proche, il sera réellement possible d’explorer un magasin dans la VR de manière aussi réaliste que dans le monde réel. L’arrivée des accessoires à retour haptique, comme la combinaison Tesla Suit ou les gants HaptX présentés au CES 2018, permettront de stimuler le toucher pour sentir la texture des produits. La douceur d’un pull en laine pourra par exemple être perçue dans la VR.

En ajoutant à cette marmite technologique l’intelligence artificielle, on pourra profiter de recommandations sur mesure basées sur nos goûts personnels ou sur les meilleures ventes d’une enseigne. Une façon simple et efficace de rester à la mode. Dans d’autres domaines, comme l’édition, le client pourra se laisser suggérer des livres qui changeront sa vie plutôt que de s’en remettre au hasard ou aux critiques littéraires.

Ces innovations ne sont toutefois qu’un début. Vous souvenez-vous de cette scène du film Minority Report, dans laquelle Tom Cruise entre dans un magasin Gap et qu’une intelligence artificielle matérialisée sous la forme d’une belle jeune femme s’adresse à lui de façon personnalisée ? Un tel système sera bientôt de l’ordre du réel grâce à la réalité augmentée et à l’intelligence artificielle.

Plutôt que d’avoir à se rendre en cabine pour essayer divers vêtements, le client pourra se laisser conseiller par l’IA qui lui recommandera des produits en se basant sur ses préférences personnelles ou ses précédents achats. De même, en utilisant la réalité augmentée sur smartphone ou lunettes AR combinée avec la navigation GPS en intérieur, il sera bientôt possible de se laisser guider en toute simplicité pour trouver le produit que l’on recherche sans avoir à écumer les rayons. Des flèches colorées à l’écran pourraient nous mener vers le produit recherché ou vers les promotions les plus intéressantes du moment.

Vos lunettes de réalité augmentée pourront aussi vos aider à faire les courses au quotidien. L’appareil aura en mémoire ce que vous possédez dans le frigo, et vous n’aurez qu’à choisir la recette de votre choix pour ensuite vous laisser guider dans le supermarché vers les produits qui vous manquent pour la concocter. Il sera même possible de se laisser suggérer des recettes, comme le proposent déjà des applications comme Marmiton. Bien évidemment, pour que ces idées prennent vie, il faudra attendre que la réalité augmentée se démocratise avec l’arrivée sur le marché des lunettes AR grand public. Pour rappel, le bruit court qu’Apple lancera un tel appareil en 2019.

La réalité virtuelle et augmentée ne se limite pas aux casques et lunettes. Les « miroirs magiques » permettent aux consommateurs d’essayer des vêtements ou des accessoires en réalité augmentée. Le principe est simple, mais époustouflant : l’utilisateur superpose des vêtements virtuels à son reflet réel. Ceci lui permet de gagner un temps fou par rapport aux cabines d’essayage traditionnel.

En plus de pouvoir essayer tous les produits disponibles dans la boutique, le client peut essayer différentes tailles, différentes couleurs sans ramener un seul produit en cabine. Une fois qu’il a choisi les articles qu’il souhaite acheter, il lui suffit de confirmer sa commande et le vendeur n’a plus qu’à apporter les produits en caisse. Ces miroirs pourraient même être utilisés à domicile, et les articles sélectionnés seraient directement livrés.

Plusieurs miroirs en réalité augmentée existent déjà, comme le Memory Mirror. Toutefois, en fin d’année 2017, Amazon a déposé un brevet pour un tel miroir qui permettrait d’essayer des vêtements en réalité augmentée. Si le leader mondial du e-commerce lance bel et bien un tel dispositif, cette technologie a de fortes chances de se démocratise très rapidement.

Les essayages en réalité augmentée ne se limitent pas aux vêtements. Jura propose également à ses clients d’essayer des montres en réalité augmentée, et Sephora propose une application mobile permettant d’essayer des maquillages.

Quels sont les limites et les problèmes du V-Commerce ?

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Comme évoqué précédemment, les limites actuelles du V-commerce sont liées aux restrictions techniques de la réalité virtuelle. Tout d’abord, pour que le shopping VR / AR se démocratise, il est important que les casques de réalité virtuelle et augmentée gagnent en popularité. Pour cela, il est nécessaire que leur prix baisse. Avec l’arrivée du casque autonome Oculus Go à 199 euros, début 2018, la réalité virtuelle devrait attirer davantage d’utilisateurs. Rappelons que Facebook compte démocratiser la VR grâce aux casques autonomes, et souhaite attirer 1 milliard de personnes dans le monde virtuel.

En dehors du prix, les utilisateurs de casques VR doivent pouvoir se sentir à l’aise pour une expérience de shopping confortable. Le poids des casques VR doit diminuer, et la sensation de nausée (motion sickness) doit impérativement disparaître. Les applications de V-commerce doivent aussi permettre aux utilisateurs de mieux filtrer les produits proposés selon leurs préférences.

Enfin, comme nous l’évoquions plus haut, le toucher est une part importante du shopping en magasin, qui permet d’ailleurs aux points de vente physiques de subsister face au e-commerce. Il est donc indispensable que les technologies de retour haptique comme les gants VR fassent leur apparition sur le marché pour permettre aux utilisateurs de ressentir la matière des produits qu’ils examinent dans la réalité virtuelle. Sur le long terme (plusieurs décennies), on peut aussi imaginer des technologies permettant de stimuler le goût et l’odorat pour pouvoir essayer des parfums ou des produits alimentaires dans la VR.

V-Commerce : un danger pour les commerçants traditionnels ?

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Ce n’est un secret pour personne : le e-commerce nuit fortement aux commerçants traditionnels et aux boutiques physiques. Le v-commerce pourrait représenter une nouvelle menace potentielle. Pour éviter ce cas de figure, il est important que les commerçants anticipent cette révolution en s’adaptant tout simplement à cette nouvelle manière de faire du shopping.

Concrètement, la seule solution pour éviter de disparaître face à l’essor du v-commerce est de proposer de la réalité augmentée dans sa boutique ou de lancer une boutique en réalité virtuelle. Les commerçants qui attendront trop longtemps ou qui se montreront réfractaires à cette technologie risquent fort de se condamner eux-mêmes.

En conclusion, il semble clair que le v-commerce révolutionnera totalement le shopping en boutique physique retail et le e-commerce au cours de la décennie à venir. En permettant d’améliorer l’expérience de shopping en magasin ou tout simplement de faire ses achats depuis chez soi à l’aide d’un casque de réalité virtuelle, la réalité virtuelle et augmentée permettra de gagner du temps et de l’énergie tout en accédant à un choix plus vaste de produits. Le v-commerce va évoluer en même temps que les technologies de réalité virtuelle et augmentée, et ses limites seront progressivement surmontées.