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Roblox : la plateforme profite-t-elle du travail des mineurs de façon illégale ?

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Selon de jeunes développeurs de Roblox, la plateforme est alimentée par le travail des mineurs de la plateforme. Ces derniers affirment avoir été exploités financièrement, menacés de licenciement et harcelés sexuellement.

Portés par la pandémie de Covid-19, plus de 27 millions de jeux et d’expériences avaient été publiés sur Roblox, dont un grand nombre par des mineurs. Selon les derniers chiffres de la société, 49,4 millions d’utilisateurs en moyenne se connectaient sur cette plateforme chaque jour. Lorsque cette dernière est entrée en bourse en mars 2021, elle était évaluée à 41 milliards de dollars.

Roblox s’enrichit en exploitant le travail des mineurs

Exploitation financière

Anna avait 10 ans lorsqu’elle a créé son premier jeu vidéo sur Roblox. Comme elle devenait plus habile, son jeu a attiré l’attention de certains utilisateurs expérimentés. Ils lui ont envoyé un message proposant de collaborer à un projet plus ambitieux. Flattée par leur intérêt, Anna devient la cinquième membre de l’équipe naissante, contribuant à l’art, au design et à la programmation du jeu.

En fait, Anna ne s’est pas inscrite pour gagner de l’argent. Toutefois, lors d’un appel Skype, les créateurs du jeu ont annoncé qu’ils offraient 10 % des bénéfices générés par le futur projet à l’adolescente. En raison de cette offre généreuse, elle a annulé son programme universitaire. En effet, Anna se voyait comme un partenaire dans l’entreprise, où ses compétences s’avéraient précieuses.

Cependant, en l’absence de contrat de travail, des changements importants sont intervenus au niveau des revenus. En fait, les créateurs ont organisé un appel avec leur jeune équipe et ont annoncé qu’ils faisaient désormais de ces mineurs des entrepreneurs indépendants avec des salaires fixes. Pour Anna, cette décision s’est traduite par une baisse de salaire de 40 %. 

Comme elle voulait continuer à créer des jeux sur Roblox, elle était consciente du risque d’associé à la divulgation des noms de ces créateurs.

Menace de licenciement

Regan Green, 16 ans, originaire de l’Ontario, au Canada, a rejoint Roblox à l’âge de six ans. Comme Anna, il s’est rapidement familiarisé avec la suite d’outils créatifs du logiciel. Par ailleurs, il aimait le personnage de Sonic, comme beaucoup d’enfants. Via le salon de discussion Discord, un créateur nommé Jadon Shedletsky lui a proposé de travailler sur le jeu en tant que programmeur. Il a accepté avec enthousiasme.

Green dit avoir été encouragé à travailler de longues heures pour améliorer le jeu, sous peine d’être remplacé. « Cela a commencé à avoir un effet négatif sur sa santé mentale », a-t-il expliqué. En fait, cette pression l’a anéanti. Cependant, Jadon nie avoir menacé de remplacer ses employés s’ils ne produisaient pas assez de travail. Comme Anna, Green avait l’impression de n’avoir personne à qui demander de l’aide chez Roblox.

Des managers abusifs

C’est à l’âge de six ans que Rachel, comme Green, a débuté sur Roblox. Elle était attirée par l’éventail de jeux proposés et par la communauté d’enfants partageant les mêmes idées. Elle a ensuite participé au jeu Sonic Eclipse Online à l’âge de 12 ans et a rejoint le forum Discord du jeu. Le forum dirigé par Jadon permettait de discuter du développement du projet. Il était également un lieu de rencontre typique de l’Internet.

En fait, il a entamé une conversation privée avec Rachel. Il lui a envoyé des mises à jour privées sur l’avancement du jeu. Elle a déclaré qu’elle se sentait spéciale, comme si elle avait accès à des informations privilégiées. Il a intercalé dans ces messages des insinuations et des blagues à caractère sexuel.

Dans les messages que l’Observer a découverts, il a fait des blagues répétées sur le viol de Rachel et lui a envoyé des images sexuelles explicites. Au début de 2020, Rachel a quitté l’équipe de développement et a commencé à parler publiquement des abus qu’elle a subis.

Roblox représente de nombreux défis

Les adeptes de Roblox affirment que cette plateforme, qui multiplie les efforts pour le déploiement du métavers, fournit un écosystème financier pour les jeunes développeurs. Pourtant, il existe des défis de taille. En fait, Roblox doit gérer les messages envoyés par les mineurs, tout en menant une expérience visant à créer un environnement de travail adapté aux adultes. Cependant, aucun des outils existants de Roblox n’aurait empêché l’exploitation des mineurs.

L’entreprise dispose d’un centre de talents à accès limité permettant aux créateurs de jeux de présenter leurs compétences. Or le centre ne requiert aucune vérification de l’âge, ne dispose d’aucun mécanisme permettant de rédiger des contrats ou d’obtenir le consentement d’un tuteur. Elle n’offre aucun outil de résolution des litiges.

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