Accueil / Dossier / Facebook et la VR : la technologie entre les mains des forces du mal ?

Facebook et la VR : la technologie entre les mains des forces du mal ?

facebook oculus vr forces du mal

Qui est vraiment Facebook, et quelles sont ses intentions véritables concernant Oculus et la réalité virtuelle ? À travers cet article, découvrez comment l’une des technologies révolutionnaires de ce début de siècle est tombée entre les mains d’une entreprise dénuée de morale…

Le plan de Mark Zuckerberg a parfaitement fonctionné. Cinq ans après l’acquisition d’Oculus VR pour 2 milliards de dollars, Facebook est en passe de surpasser Sony et son PSVR pour s’ériger en leader du marché de la réalité virtuelle.

Après les débuts difficiles de l’Oculus Rift en 2016, l’entreprise américaine est parvenue à rencontrer le succès grâce à l’Oculus Quest lancé en mai 2019. Ce casque VR autonome dépasse toutes les prévisions de vente, et aucun de ses concurrents actuels ne lui arrive à la cheville. Avec le hand-tracking annoncé pour 2020, tout semble sourire à Facebook qui compte aussi lancer son réseau social en VR intitulé Horizon.

Face à ce triomphe, une question se pose toutefois : comment la réalité virtuelle s’est-elle retrouvée aux mains de l’une des entreprises les plus maléfiques de notre époque ?

Le vrai visage de Facebook

facebook congrès

Aux yeux de nombreuses personnes, Facebook garde l’image d’une entreprise ” cool et sympa “ à qui l’on doit les réseaux sociaux Facebook, Instagram ou encore WhatsApp. Plusieurs milliards de personnes utilisent ces plateformes au quotidien, mais la plupart ignorent la vérité sur cette firme et son créateur…

Jusqu’à l’année dernière, Facebook pouvait encore être perçue comme une entreprise innocente proposant son service gratuitement dans le seul but d’unir tous les êtres humains. Malheureusement, en 2018, non moins d’une vingtaine de scandales sont venus entacher cette image d’Épinal

Pour certaines de ces controverses, Facebook ne peut être directement tenu pour responsable. C’est le cas pour les scandales liés à la prolifération de Fake News sur le réseau social, de piratages ou de bugs ayant entraîné des fuites de données, ou du vaste détournement de données orchestré par Cambridge Analytica pour influencer les Américains à voter pour Donald Trump. Néanmoins, ces incidents mettent en lumière les failles de sécurité dont souffre le réseau social.

Le plus inquiétant reste toutefois les polémiques déclenchées par la façon dont Facebook exploite les données de ses utilisateurs. En juin 2018, The New York Time a révélé que l’entreprise américaine a noué des partenariats avec de constructeurs d’appareils électroniques comme Apple, Amazon, Microsoft et BlackBerry. En échange de certaines faveurs, ces géants de la tech ont été autorisés à accéder aux données personnelles des utilisateurs de Facebook.

Un mois plus tard, en juillet 2018, dans un rapport de 700 pages contenant des réponses aux questions du House Energy and Commerce Committee, Mark Zuckerberg admet avoir ouvert l’accès aux données des utilisateurs du réseau et de leurs amis à des douzaines d’entreprises. Et ce, même après avoir annoncé en 2015 que l’accès à ces données serait coupé net.

En décembre 2018, le parlement britannique publie 250 pages d’emails internes de Facebook incluant notamment des messages de Mark Zuckerberg lui-même. Là encore, on peut y découvrir que Facebook propose aux plus grands publicitaires un accès aux données des utilisateurs. Cependant, l’entreprise se défend en affirmant que les emails sont sortis de leur contexte et maintient n’avoir jamais vendu les données de ses utilisateurs.

À la même période, le 18 décembre 2018, The New York Times publie une nouvelle enquête révélant que l’entreprise a bel et bien partagé de larges volumes de données personnelles d’utilisateurs avec plus de 150 entreprises, dont Amazon, Microsoft, Netflix ou Spotify bien après avoir promis de cesser le partage de ces informations.

En outre, il est important de revenir sur les acquisitions houleuses de Facebook. La firme américaine a racheté le réseau social Instagram en 2012, puis la messagerie WhatsApp et l’entreprise de VR Oculus en 2014. Le CEO d’Oculus, Palmer Luckey, fut évincé quelques mois plus tard. En 2017, le fondateur de WhatsApp, Brian Acton, quitte Facebook et avouera plus tard avoir ” vendu la confidentialité ” de ses utilisateurs pour un plus grand profit à son grand regret. Il appellera par la suite publiquement les utilisateurs du réseau social à supprimer leur compte Facebook…

De même, les deux co-fondateurs d’Instagram, Kevin Systrom et Mike Krieger, quittent l’entreprise en septembre 2018. Ils admettront plus tard qu’on ” ne quitte pas un travail parce que tout se passe très bien “ sans donner plus de détails, sans doute tenus par des accords de confidentialité…

En décembre 2017, Chamath Palihapitiya, ancien cadre de l’entreprise, révèle qu’il ne ” laissera jamais ses enfants utiliser Facebook “. Selon ses dires, la plateforme a été créée pour être aussi addictive que possible, et ” détruit la façon dont la société fonctionne “.

Vous l’aurez sans doute compris à travers cette chronologie de scandales : la vente, ou du moins le partage, de données avec les publicitaires et les partenaires commerciaux est le coeur du business de Facebook. C’est la publicité qui permet à la firme de rester rentable même en proposant son service gratuitement, et ce sont les données qui permettent aux entreprises de proposer aux utilisateurs des publicités ciblées. Pour mettre la main sur ces données et les partager, Mark Zuckerberg est prêt à tout même à mentir devant le Congrès américain

Vers un futur digne d’une contre-utopie ?

facebook ioi ready player one

Face au vrai visage de Facebook, celui d’un monstre tentaculaire avide de données, il semble légitime de s’inquiéter à l’idée de voir la réalité virtuelle tomber entre les mains de cette entreprise…

Quelles sont réellement les intentions de Mark Zuckerberg ? Quels sont les motifs qui ont conduit le chef d’entreprise à racheter Oculus pour 2 milliards de dollars ? Pourquoi la firme souhaite-t-elle attirer un milliard de personnes dans la VR ? Au fil du temps et des révélations, la réponse à ces questions semble de plus en plus évidente : collecter toujours plus de données pour les vendre à des entreprises.

Cette idée peut sembler saugrenue de prime abord. Toutefois, en y songeant, vous réaliserez que les casques de réalité virtuelle sont de véritables machines à capture de données. Ces appareils sont équipés de microphones, et les modèles les plus récents comme Oculus Quest et Rift S sont même pourvus de caméras. Même s’il assure que ce n’est pas le cas, rien n’empêche Mark Zuckerberg d’utiliser ces composants pour espionner les utilisateurs.

Pire encore, c’est le comportement des utilisateurs dans la réalité virtuelle qui peut intéresser Facebook et les publicitaires. Une fois dans la VR, tous vos mouvements, vos propos, vos réactions et vos faits et gestes peuvent être mesurés, surveillés, collectés et capturés. Un rêve éveillé pour les GAFAM et autres dévoreurs de Big Data…

Avec l’annonce du réseau social en VR Facebook Horizon pour 2020, le plan de Zuckerberg semble se préciser. Dans ce monde virtuel aux couleurs enchantées, il est fort probable que les utilisateurs soient épiés en permanence. Puisqu’il est impossible de surveiller les êtres humains en continu dans le monde réel, la firme américaine a tout simplement décidé de les attirer dans un monde virtuel dans lequel elle fixe les règles.

À présent, rien ne vous empêche de continuer à utiliser les casques VR de Facebook comme bon vous semble. Soyez simplement conscient qu’il est probable que l’oeil d’Oculus vous surveille en permanence pour collecter des données et dresser un profil complet à votre sujet, même si cela ne sera peut-être révélé que d’ici quelques années au hasard d’une fuite d’informations ou d’une enquête journalistique…

Dans le roman Ready Player One d’Ernest Cline, adapté par Steven Spielberg au cinéma, la corporation Innovative Online Industries (IOI) met tout en oeuvre pour contrôler le monde virtuel de l’OASIS. Malheureusement, dans le monde réel, il semblerait que la multinationale cupide ait déjà réussi à prendre le contrôle de ce monde imaginaire et qu’elle l’ait même créé…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *