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Autisme : thérapies virtuelles

Des chercheurs mettent en place des thérapies de réalité virtuelle pour les personnes souffrant de troubles du spectre autistique.

L’autisme, plus répandu qu’on ne le pense

Avril est le mois de l’autisme. Environ un pour cent de la population mondiale souffre de troubles du spectre autistique. Aux États-Unis, ce chiffre est plus élevé : une personne sur soixante-huit serait touchée. Aujourd’hui, la maladie est mieux diagnostiquée et mieux comprise et des technologies sont développées pour aider les patients à comprendre leurs émotions et à nouer des liens avec les autres.

La recherche progresse

Aux quatre coins du globe, des chercheurs en sciences neurologiques mènent des expériences en utilisant des casques de réalité virtuelle – il a été prouvé que ces dispositifs aident les personnes qui souffrent d’un déficit d’attention. Grâce à ces casques, les utilisateurs peuvent assister à de nombreuses situations sociales, par exemple un entretien d’embauche, et observer le langage corporel des autres. En étant exposés à ces situations, les patients développent leurs compétences communicationnelles. Ils apprennent aussi à décoder les subtilités des échanges sociaux.

Grâce à l’imagerie cérébrale et au suivi des ondes du cerveau, des chercheurs ont observé les réactions de quatre adultes de dix-huit à trente-cinq ans participant à des séances de réalité virtuelle. Il s’avère que l’activité des zones du cerveau liées à la compréhension sociale augmente au cours de l’immersion.

Brain RV

La thérapie de la Blue Room

D’autres essais indiquent également que la réalité virtuelle est prometteuse dans le monde de la psychiatrie. L’université de Newcastle dispose d’une Blue Room, une chambre d’immersion à 360 degrés dotée de quatre grands écrans bleus. Les chercheurs peuvent y projeter des scènes visuellement riches et esthétiques et proposer des activités interactives aux patients. L’objectif de cette salle est d’aider les participants à surmonter leurs phobies sociales dans un environnement sûr.

Au cours d’une séance dans cette Blue Room, des déclencheurs de l’anxiété d’un participant sont recréés et projetés sur les murs. Il peut s’agir d’une situation où la personne doit parler en classe, prendre les transports en commun, faire des courses, être en présence d’oiseaux ou encore se trouver en hauteur.

Blue room

Un enfant qui était terrorisé lorsqu’il se retrouvait dans un bus plein à craquer a bénéficié de cette thérapie. Les chercheurs ont commencé par immerger le jeune patient dans un bus vide. Au fil des sessions, et en fonction de la tolérance de l’enfant à la situation, des gens virtuels montaient dans le bus. Des psychologues intervenaient également pour proposer des techniques de relaxation et des stratégies pour gérer l’anxiété.

Le résultat est formidable. En six semaines, huit des neufs enfants ayant participé à des expériences de réalité virtuelle de ce type étaient capables de surmonter leur anxiété dans la vie réelle et quatre d’entre eux s’étaient débarrassés de leur phobie.

Vers un avenir radieux ?

L’avenir semble prometteur pour la recherche en réalité virtuelle. Les cliniciens, les chercheurs, les éducateurs et toutes les personnes concernées par l’autisme doivent désormais travailler main dans la main pour exploiter le potentiel de la réalité virtuelle. Au fur et à mesure que les casques de réalité virtuelle deviendront moins chers et plus répandus, ces formes de thérapie apparaîtront un peu partout. Les patients ne devront plus se rendre à l’hôpital pour voir leur thérapeute ; ils pourront interagir avec lui dans la réalité virtuelle et recevoir des conseils sans sortir de chez eux.

La réalité virtuelle est plus efficace chez les autistes autonomes. Et pour certains patients, les thérapies traditionnelles sont plus indiquées que ces nouveaux traitements. Il faudra encore beaucoup de recherches pour déterminer l’efficacité des applications de réalité virtuelle. C’est une technologie puissante, certes, mais elle a des limites. Il n’empêche que les résultats prometteurs de la réalité virtuelle dans le monde médical devraient donner de l’espoir à de nombreuses familles.

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