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Inégalités sociales – La réalité virtuelle serait un remède ?

inégalités sociales

C’est en tout cas ce qu’il ressort de la vision de Palmer Luckey, l’un des fondateurs de l’Oculus Rift et grand prophète de la réalité virtuelle, qui voit en la réalité virtuelle un moyen de contrer habilement les inégalités sociales, de permettre à ceux qui n’ont ni le pouvoir ni l’argent de goûter à toutes ces petites choses luxueuses qu’ils ne pourraient jamais expérimenter. 

La fin des inégalités sociales – Merci Palmer

« Tout le monde veut une vie heureuse, mais ça va devenir impossible de donner tout ce qu’il veut à chacun. La réalité virtuelle peut offrir ça. » – Palmer Luckey

inégalités sociales

Voilà les mots de Palmer Luckey, qui voit donc dans la réalité virtuelle un moyen pour les plus démunis de s’offrir du luxe. Vous ne pourrez jamais acheter une Ferrari et avoir le plaisir de conduire à toute vitesse ce bolide luxueux, la réalité virtuelle pourra créer une application, une expérience vous offrant les sensations au plus proche de la conduite d’une Ferrari. Tout cela en mettant au placard les inégalités sociales ? Vraiment ? Ainsi, ce bas peuple dont Luckey fait référence, qui ne peut accéder aux expériences hors du commun, car pas assez puissant et/ou riche aurait dans les mains le moyen suprême pour vivre une vie aussi grandiose que les puissants et/ou riches.

« Le seul moyen de survivre, c’est de s’enfuir dans la réalité virtuelle. » – Palmer Luckey

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ?

Voilà donc ce que préconise Luckey pour ceux subissant des inégalités sociales, afin de ne pas les laisser sombrer dans une dépression, on leur offre la réalité virtuelle comme porte vers un autre monde, un monde où tout leur serait accessible, où ils auraient les mêmes richesses et pouvoirs que les riches et puissants. Mais dans un monde virtuel. En somme, la vision de Luckey n’est pas de trouver un remède aux inégalités sociales qui mènent à des inégalités d’accès à de grandes expériences, mais offre un placebo, un substitut artificiel d’expériences. Pour que ceux qui subissent ne se battent pas, mais s’enfuient pour survivre.

C’est facile pour nous qui vivons en Californie de dire que la réalité virtuelle n’est pas aussi bonne que la réalité. Mais la plupart des gens ne vivent pas en Californie. – Palmer Luckey

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Une muselière virtuelle

Au moins Mr Luckey admet que la réalité virtuelle n’est pas l’égal de la réalité et qu’en somme les expériences offertes par la réalité virtuelle ne sont que des morceaux biaisés de la réalité. Mais pour lui qu’importe, le bas peuple ne sait même pas ce que sont ces expériences, comment peut il faire la différence, autant lui offrir un placebo qui le comblera bien assez. En effet, comment la bas peuple pourrait savoir qu’il mange du simple patté qu’on lui vend comme du foie gras, s’il n’a jamais goûté à ce dernier ?

Palmer Luckey a ajouté que la création de contenu en réalité virtuelle singeant parfaitement le réel est presque un devoir moral

Les inégalités sociales existent, ont toujours existé et existeront toujours, mais elles tendent à s’affiner de plus en plus, pour la simple et bonne raison que ceux qui survivent et subissent, se battent pour combler ces inégalités. Mais si ceux qui se battaient commencent à s’enfuir dans un monde virtuel, qui se battra alors, qui comblera le fossé des inégalités sociales et qui empêchera ceux qui sont tout en haut de ne pas grimper encore plus au détriment des autres ?

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Conclusion

Si premièrement les expériences en réalité virtuelle ne sont en rien un parfait substitut de la réalité, il faut avant tout comprendre qu’on ne peut pas laisser des petits génies bourgeois californiens nous faire avaler ce genre de pilule censée faire taire ou s’enfuir les pauvres. Amoindrir la frustration des autres, qui nourrie leur combativité est sûrement une bonne chose quand on est en haut du classement, mais est à considérer presque comme une insulte quand ces derniers savent qu’ils vendent du vent, loin des expériences du réel, pour que s’enfuient les frustrés et pour qu’ils restent en bas de l’affiche.

Les inégalités sociales sont là et il faut être naïvement utopiste pour croire qu’elles disparaîtront, ou que l’on peut les combler virtuellement, voir les berner, avec des placebos, le mieux n’est ni de subir, ni de s’enfuir, mais de se battre pour accéder à quelque chose de supérieur. Non merci Palmer, nous ne vivrons pas dans ce monde virtuel pour fuir le réel et laisser la place libre à vos désirs mégalomanes. Nous le prendrons comme ce qu’il est, un loisir, un moment de détente entre nos combats pour nous élever.

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