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La vie en différé avec l’Oculus Rift

Après la Machine to be Another qui vous donnait l’opportunité de changer de sexe le temps d’une échappée riftienne, ou plus récemment le projet Oculus FPV qui vous proposait de voir par les yeux d’un drone en vol, vous pourrez enfin avoir la réponse à une autre question que tout le monde se pose (ou pas) : à quoi ressemblerait la vie en différé ?

La latence, fléau du XXIe siècle. Aussi connu sous le nom anglais de lag, la latence est un phénomène omniprésent dans nos vies où les télécommunications prennent une part grandissante. Vous vous acharnez sur votre clavier, mais votre personnage ne bouge pas au moment où vous lui demandez ? Vous faites une recherche sur le web mais Google met du temps à répondre ? Le duplex avec un envoyé spécial durant le J.T. est particulièrement laborieux ? Latence.

Bien que le concept de latence s’applique en théorie à tout les système de communication, dont le système nerveux humain, ses effets ne se font ressentir pour la plupart d’entre nous que lors de l’utilisation d’appareils électroniques allant du smartphone à la console de jeu.

Si vous trouviez cela embêtant, ce n’est rien par rapport à l’expérience concoctée par Ume.net, un fournisseur d’accès à Internet suédois. L’idée marketing est simple : « vous n’accepteriez pas de lag dans la vraie vie, alors pourqoi l’accepter sur Internet ? » Coup publicitaire ingénieux mis à part, il n’en reste pas moins une intéressante expérience fondée sur l’utilisation du Rift : introduire artificiellement un temps de latence beaucoup plus long que la normale dans le système nerveux, plus particulièrement le système visuel. Une webcam montée à l’avant du casque transmet les images filmées à l’utilisateur en différé, ce qui le place dans une position pour le moins gênante : il effectue une action simple comme marcher ou lancer une boule de bowling, mais ce n’est qu’après un certain temps de latence qu’il en voit les conséquences ; non seulement doit-il faire les choses à l’aveugle (et « à la sourde », l’utilisateur étant muni d’un casque réducteur de bruit), mais il ne voit par l’intermédiaire du casque que le fantôme d’un monde qui n’est déjà plus. Le Rift, machine à remonter dans le temps ?

Petit point faible dans la méthodologie : il eût été plus intéressant d’utiliser une caméra à double optique au lieu d’une simple webcam ; en effet, l’absence de stéréoscopie suffirait par elle-même à en déboussoler plus d’un… A noter aussi que si le début de la vidéo nous montre un ingénieur expliquant aux participants le principe de l’expérience et plus particulièrement les deux modes (le mode principal a un temps de latence d’un tiers de seconde, et l’autre de 3 secondes), il n’est pas précisé quel mode est utilisé durant les différentes séquences.

On connaissait déjà les lunettes à simulation d’alcoolémie ; on a maintenant grâce à l’Oculus Rift les lunettes à simulation de lag optique ! Du sérieux au plus trivial, le Rift n’en finit pas de nous montrer son potentiel…

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