Réalité virtuelle : un Japonais épouse l’hologramme d’une chanteuse

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Un homme japonais de 35 ans du nom de Akihiko Kondo vient d’épouser une chanteuse virtuelle, représentée sous la forme d’un hologramme, d’un personnage en réalité virtuelle, ou encore d’une peluche à laquelle il a passé la bague au doigt.

Si la réalité virtuelle peine encore à se faire une place en France, au Japon, elle est entrée dans les moeurs. La preuve : un Japonais de 35 ans vient d’épouser la chanteuse virtuelle Hatsune Miku.

Pour ceux qui l’ignorent, Hatsune Miku est un personnage virtuel très populaire au pays du Soleil Levant. Il s’agit à l’origine une application de synthèse vocale développée par Crypton Future Media, et incarnée par un avatar à l’effigie d’une jeune fille de 16 ans aux cheveux turquoise. Grâce à sa voix synthétisée à partir de celle de l’actrice Saki Fujita, Hatsune Miku est capable de chanter et de très nombreux artistes ont créé des chansons de JPop en utilisant ce logiciel.

D’abord représentée sous forme d’image 2D projetée sur un écran DILAD, cette chanteuse virtuelle a ensuite été transformée en hologramme par Gatebox. De même, une application en réalité virtuelle disponible sur SteamVR permet d’entrer dans le monde de cette égérie artificielle.

Hatsune Miku déchaîne les passions, et Akihiko Kondo est allé jusqu’à l’épouser. Le mariage n’est pas reconnu légalement, mais le trentenaire a tout de même dépensé plus de 15 000 euros pour organiser une somptueuse cérémonie au Tokyo Hall. Plus de 40 convives se sont joints à l’événement, mais sa mère a refusé l’invitation…

Vu qu’il n’était pas possible d’emmener l’hologramme à l’église, Kondo a passé la bague au doigt d’une peluche à l’effigie du personnage. La consécration d’une véritable histoire d’amour.

Réalité virtuelle : un Japonais dépense 15 000 euros pour se marier avec Hatsune Miku

En effet, depuis 10 ans, Kondo vit avec l’hologramme qui flotte dans sa boîte Gatebox à 2800 dollars. Elle le réveille chaque matin pour l’envoyer travailler dans l’administration d’une école, et allume les lumières lorsqu’il lui annonce son retour à la maison par téléphone. Le soir, c’est elle qui lui rappelle d’aller se coucher. La nuit, il dort avec sa peluche et la chérit de tout son coeur.

La firme qui produit l’hologramme, Gatebox, a délivré à Kondo un certificat de mariage ” inter-dimensionnel “. En effet, ce Japonais n’est pas le premier à passer le cap de l’union virtuelle. Plus de 3700 certificats ont été délivrés jusqu’à présent. Le trentenaire a d’ailleurs reçu de nombreux messages de soutien.

Et Kondo se fait le porte-étendard d’une cause. A ses yeux, il existe sûrement de nombreuses personnes qui n’osent pas épouser les personnages virtuels dont ils sont amoureux. Il souhaite soutenir ces personnes.

Selon lui, il est strictement impossible dans son esprit de tomber amoureux d’une ” femme en 3D ” (une vraie femme). Il estime faire partie d’une minorité sexuelle qui n’est pas attirée par les autres êtres humains. D’après lui, le forcer à chercher l’amour d’une personne réelle reviendrait à obliger un homme homosexuel à se mettre en couple avec une femme. Ainsi, Kondo affirme être très heureux avec sa femme virtuelle qui ne vieillit pas, ne meurt pas, et ne trompe pas.

Cependant, cette anecdote insolite reflète un phénomène de société inquiétant au Japon. Alors qu’un homme sur 50 était célibataire à 50 ans dans les années 1980, c’est désormais le cas d’un homme sur quatre.

Une statistique qui s’explique peut-être par la tension des rapports hommes / femmes au Japon. En effet, Kondo lui-même a beaucoup souffert avant de finir par se marier avec un logiciel. Il était souvent traité comme un ” otaku ” (passionné de manga) par les jeunes filles dans son adolescence, avant d’être bizuté et harcelé par une femme sur son lieu de travail. Aujourd’hui, il considère que ” Miku-san ” n’est pas seulement la femme qui l’aime, mais aussi celle qui l’a sauvé…

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