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Domina de L.S Hilton : l’interview croisée sur la bande-annonce en VR du livre

Domina Image à la Une

C’est une grande première qu’ont réalisée les éditions Robert Lafont en partenariat avec l’agence Say Tout Com : à l’occasion de la sortie du roman « Domina » de l’auteure britannique L.S Hilton, la maison d’édition à dévoilé une bande-annonce en réalité virtuelle et à 360°. Le livre, un thriller érotique, deuxième tome de la série inaugurée avec « Maestra », a paru ces jours-ci. Là où réside la nouveauté, c’est dans le choix de réaliser une bande-annonce en VR : pour un roman, il s’agit d’une première mondiale. Realite-virtuelle.com a reçu Anne-Fleur Marchat, chef de projet chez Say Tout Com, et Virginie Clayssen, directrice en charge de l’innovation chez Editis, deuxième groupe d’édition français, dont font partie les éditions Robert Laffont.

R-V.com : Pourquoi avoir voulu créer la bande-annonce d’un livre en réalité virtuelle ?

V.C : En tant qu’éditeurs, nous nous intéressons de près à la réalité virtuelle. En effet, en tant que dépositaires de la propriété intellectuelle des auteurs qui nous font confiance, nous avons vocation à rechercher l’exploitation la plus large possible de leur création. Tous nos livres sont publiés sous différents formats : grand format, poche, édition numérique. Nous disposons aussi de la capacité à céder ces droits, pour le compte des auteurs qui nous les ont confiés, pour des adaptations audio-visuelles, audio, ou théâtrales. En ce qui concerne la réalité virtuelle, il n’existe pas encore de marché des droits pour le cinéma en 360° ou la VR parce que ce nouveau média n’est pas encore à maturité en ce qui concerne la production de contenus longs. Mais en tant que directrice en charge de l’innovation, il me semble important de ne pas attendre que les choses soient mûres pour s’y intéresser. Nous avons aussi besoin de faire parler de nos livres et de tenter de conquérir de nouveaux lecteurs, notamment ceux qui n’ont pas encore acquis une grande facilité a « entrer dans la lecture ». Nous avons opté pour cette technologie afin de faire connaître un livre en réalisant ce que nous appelons un « embrayeur de lecture », une courte vidéo qui permet d’immerger le spectateur dans l’univers du livre et peut lui donner envie de connaître la suite. C’est vraiment l’expérience d’immersion que propose la vidéo 360° qui nous a intéressés.

R-V.com : Et comment avez-vous géré cette question de l’immersion ? Le travail poétique de l’auteur n’a-t-il pas également pour but d’immerger le lecteur dans l’histoire qu’il raconte ?

Domina interview et immersion

A-F.M : Nous avons commencé bien sûr par lire le livre et nous imprégner de l’histoire, de l’univers du roman, de celui de son héroïne. Puis nous avons réuni l’ensemble des ingrédients susceptibles de composer cet « embrayeur de lecture. » Lorsque l’on réalise la bande-annonce d’un livre, il y a un équilibre à trouver entre fiction et promotion. Nous avons pris le parti de nous détacher des mots de l’auteur en faisant intervenir un narrateur externe. L’idée, c’est évidemment de ne rien dévoiler de ce qui se passe dans l’histoire, mais d’en présenter l’univers, dans le cas de Domina une atmosphère qui est celle du luxe, de l’art mais aussi celle du crime et de la séduction.

R-V.com : Quel matériel avez-vous utilisé pour le tournage qui s’est déroulé à Venise ?

A-F.M : Nous avons travaillé avec un système de captation Go Pro. C’est une solution qui offre un bon rendu en termes de qualité d’images et qui est facilement mobile. Toute une partie de nos plans nécessitait une certaine mobilité notamment avec les suspensions dans le vide, sous le pont du Rialto ou du haut du campanile de la basilique St-Marc.

V.C : Il y avait aussi un vrai défi de pouvoir tourner à Venise tout en veillant à ce que la caméra ne soit pas emportée par le premier venu… Nous avons tourné plutôt vers 5h du matin qu’à midi.

A-F.M : Le défi a été de trouver les lieux adéquats. Le tournage en extérieur réserve toujours des imprévus, alors nous nous sommes adaptés, tout en restant dans le cadre du story-board car nous savions précisément ce que nous voulions. La chambre d’hôtel a été choisie à distance : il fallait sélectionner une pièce qui corresponde à ce qui est décrit dans le livre. Nous avons dû, une fois sur place, l’aménager précisément en accord avec l’atmosphère du livre.

Domina caméra GoPro

Domina ? C’était le bon candidat

R-V.com : Pourquoi avoir choisi le titre Domina et les éditions Robert Laffont pour ce projet ? Pourquoi ne pas avoir choisi plutôt les éditions 404, qui sont aussi dans votre groupe, et plus orientées « geek » ?

V.C : La collection La Bête Noire, dans laquelle est publiée Domina chez Robert Laffont, est une collection de romans policiers et de thrillers grand public, et l’idée n’était pas de cibler particulièrement le public geek. Les éditions 404 sont clairement orientées geek, et rien n’exclut que des projets liés à la VR voient le jour en direction de ce public. Nous avions aussi des contraintes très terre-à-terre de délais et de coûts. Nous avons choisi un livre qui allait être publié à l’international, dans l’idée de faire des partenariats et des versions en différentes langues. Domina est le tome 2 d’une série dont le tome 1, Maestra, est adapté au cinéma, et sort en même temps que le tome 2 en format Poche. C’était le bon candidat. S’il s’agit d’une première en VR, les bandes-annonces de livres sont nombreuses sur YouTube et font partie depuis plusieurs années des outils de promotion pour les livres.

R-V.com : Comment le lien entre Say Tout Com et Editis s’est effectué pour ce projet ?

V.C : Au salon Virtuality à Paris au Centquatre. Say Tout Com était exposant. J’étais venue quant à moi en quête d’une agence qui pourrait prendre en charge la réalisation de cette bande-annonce. J’avais déjà le projet en tête et le livre avait déjà été choisi. J’ai profité du salon pour suivre les conférences et tester de nombreux dispositifs VR, mais j’ai surtout cherché à identifier un réalisateur pour ce projet. C’est la rencontre avec Anne-Fleur et Pierre Herraiz, le réalisateur de Say Tout Com qui m’a convaincue. Ils ont tout de suite réagi avec enthousiasme, imaginant d’emblée des propositions et proposant des idées.

A-F.M : Et la semaine suivante …c’était lancé ! Nous étions au salon Virtuality pour accompagner le lancement de nouveaux projets à 360°. Avec plus de 20 ans d’expérience dans la production vidéo et notamment dans la VR, nous étions à la recherche de décideurs qui avaient envie d’expérimenter la VR dans leurs activités, et d’être bien accompagnés dans la réussite de leur projet. L’idée de Virginie nous a tout de suite plu parce qu’elle rentrait dans cette catégorie.

R-V.com : Qu’est-ce qui a été le plus compliqué dans la réalisation de ce projet, étant donné qu’il s’agit d’une première ?

A-F.M : Nous étions sur quelque chose de totalement nouveau, ni facile, ni compliqué ; personne n’avait réalisé de bande-annonce de livre à 360°, donc il fallait partir de zéro. Et c’est presque plus simple de partir de zéro parce que toutes les idées de scénarios peuvent être testées. Par chance, tout s’est enchaîné et a bien fonctionné, et nous avons pu réaliser ce projet en un temps record.

V.C : Nous avons bénéficié d’une bonne dynamique. Dans une contrainte de temps forte, l’idée était d’apprendre en marchant, de se dire « On va y aller, on va explorer. » Au vu des premières réactions, il semble que cela a fonctionné. Il y a eu aussi une vraie rencontre avec le réalisateur. Nous sommes de la même génération, avec un parcours qui a toujours privilégié l’expérimentation et l’innovation. Nous avons en commun le souvenir d’expérimentations anciennes (du temps des CD-Rom…) et le goût de l’avenir. Pierre Herraiz est un pionnier de la photographie et de la vidéo à 360°.

Un cardboard aux couleurs de Domina

R-V.com : Et en ce qui concerne la réalisation, un problème récurrent est celui lié au temps de montage important lié aux nombreuses caméras. Est-ce que cela vous a causé des soucis notamment au niveau du budget ?

A-F.M : C’est quelque chose qui avait été anticipé. Quand on a fait notre première réunion, Robert Laffont et Editis avaient déjà une idée de ce qu’ils voulaient faire.

V.C : Le directeur de la collection, Glenn Tavennec a été très enthousiaste dès la première réunion. Lorsque l’on propose d’essayer des casques VR à des gens qui n’en n’ont jamais essayés, on observe deux types de réactions : certains répugnent à l’idée de mettre le casque, d’autres le mettent sans hésiter et tout de suite se lèvent, bougent, explorent, et sont enthousiastes. Ce qui a été le cas pour Glenn.

R-V.com : En parlant de casque, vous avez également créé un cardboard aux couleurs du livre (Domina). Pourquoi cette volonté ?

Interview BA Domina Cardboard

A-F.M : Le mieux, quand on fait une vidéo 360°, c’est de proposer avec un outil qui permet aux spectateurs de regarder le contenu. L’avantage des cardboards, c’est qu’ils permettent à tout le monde et facilement de vivre l’immersion avec un smartphone, son propre smartphone même ! Nous avons donc réalisé des cardboards aux couleurs du livre. Ils ont été distribués avec les romans.

V.C : On a distribué les masques en priorité aux représentants, ceux qui proposent les livres aux libraires, ainsi qu’aux journalistes. Nous en sommes encore aux balbutiements de la réalité virtuelle, et c’est précisément au moment où une technologie balbutie qu’il faut commencer à se l’approprier, pour bénéficier d’une courbe d’apprentissage et être prêts quand elle vient à maturité.

Le livre Domina écrit par L.S Hilton est disponible dans toutes les librairies pour 19.99€

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