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Auschwitz – Les derniers nazis capturés par la réalité virtuelle

Une reproduction d'Auschwitz en réalité virtuelle pour arrêter les derniers nazis

Afin d’arrêter les derniers criminels de guerre nazis, la police allemande a développé une technologie lui permettant de modéliser le camp de concentration d’Auschwitz en 3D. Cette retranscription du camp de la mort en réalité virtuelle va permettre de rendre justice une bonne fois pour tous, près de 70 ans après l’horreur de l’Holocauste. 

Selon Jens Rommel, directeur de l’office fédéral d’investigation des crimes de guerre nazis, il est fréquent que des suspects se défendent en clamant leur ignorance. Ils affirment qu’ils travaillaient à Auschwitz, mais qu’ils n’avaient aucune idée des atrocités qui s’y déroulaient.

Pour savoir si un suspect peut être incriminé, il faut déterminer s’il savait que des personnes étaient conduites dans les chambres à gaz ou fusillées. Grâce à cette reproduction d’Auschwitz en réalité virtuelle, il est possible de répondre à cette interrogation au cas par cas.

Une reproduction détaillée du camp d’Auschwitz

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Créé par Ralf Breker, expert en imagerie numérique de l’office des crimes d’État, cet outil retranscrit le camp de concentration dans les moindres détails. Selon ses propres dires, il n’existe aucune reproduction plus fidèle. Ce modèle 3D est largement plus précis que Google Earth, et repose sur les casques de réalité virtuelle les plus récents du marché. 

En portant le casque RV, les juges peuvent remonter dans le temps et explorer les lieux du crime. Même les arbres ont été modélisés à l’endroit où ils se trouvaient, afin de pouvoir vérifier s’ils auraient pu obstruer la vue des témoins lors de certaines exécutions

En plus d’offrir une vue d’ensemble précise et détaillée du camp, ce modèle permet de visualiser avec précision la perspective de chaque suspect. Il est par exemple possible de constater ce que voyait un gardien depuis sa tour de guet.

Un outil créé pour résoudre des affaires complexes

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Ce projet est né suite à l’affaire du machiniste tchèque Johann Breyer, accusé de complicité pour les meurtres de 216 000 juifs hongrois perpétués à Auschwitz. L’enquête a été menée grâce à une première version du modèle 3D. Cependant, le suspect âgé de 89 trouva la mort en juin 2014, quelques heures avant son procès.

Cette année, un modèle plus avancé a été utilisé dans l’affaire de l’ancien garde SS Reinhold Hanning, accusé en juin dernier de complicité pour les meurtres de 170 000 personnes à Auschwitz, et condamné à 5 ans d’emprisonnement. Rommel et ses équipes ont utilisé le modèle 3D pour enquêter sur plusieurs dizaines de suspects, dont beaucoup sont encore en vie et risquent un procès en bonne et due forme.

Des objets et des photographies analysés pour une retranscription précise

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Pour créer cette reproduction à l’échelle, Breker s’est servi d’objets en provenance du bureau d’expertise de Varsovie. Plus d’un millier de photographies ont également été passées en revue pour une retranscription fidèle et détaillée. Enfin, l’homme a voyagé par lui même à Auschwitz en 2013, à deux reprises, pour compléter les éléments manquants.

En règle générale, les équipes d’enquêteurs de Breker arrivent toujours en premier sur les scènes de meurtres. L’homme voit de nombreuses scènes horribles. Pourtant, chaque soir où il rentrait à l’hôtel après une journée à Auschwitz, il se sentait en état de choc. En parcourant les archives, le vétéran a découvert de nombreux détails traumatisants sur le camp de concentration. 

Grâce à la réalité virtuelle, il est à présent possible de rendre justice en condamnant les derniers coupables de l’holocauste. Cependant, l’horreur du camp de la mort et des massacres perpétrés par les nazis ne pourra jamais être effacée de la mémoire des Allemands.

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