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Apple a licencié bien plus de salariés du Vision Pro qu’on ne le pensait : que se passe-t-il vraiment ?

Apple a licencié bien plus de salariés du Vision Pro qu’on ne le pensait

Apple aurait finalement supprimé environ 100 postes au sein de l’organisation dédiée au Vision Pro. Et c’est plus que les premières estimations. Les coupes touchent plusieurs métiers. On cite notamment le jeu vidéo, la vidéo immersive, l’audio, les tests et visionOS.

Mais qu’y a-t-il derrière ce licenciement massif? On y retrouve surtout un changement de priorité. En effet, aujourd’hui, Apple veut mettre davantage de moyens sur l’intelligence artificielle et les lunettes connectées.

Le nombre de licenciements a pris une autre dimension

Au départ, les licenciements chez Apple semblaient limités à une soixantaine de salariés travaillant sur le Vision Pro. Mais selon les informations rapportées par Mark Gurman pour Bloomberg, environ 100 employés de la Vision Products Group auraient finalement été licenciés. Cela correspond à plusieurs activités liées au casque. Apple aurait également supprimé une centaine de postes dans les équipes de Siri et d’autres activités logicielles liées à l’intelligence artificielle, portant l’ensemble des suppressions à plus de 200 postes.

Des documents administratifs font par ailleurs état de 147 suppressions de postes à Cupertino et Sunnyvale, notamment dans l’ingénierie logicielle et le machine learning, même si ces chiffres ne couvrent pas exactement les mêmes périmètres.

Apple présente cette opération comme un réalignement. Pour la firme, ce n’est pas un simple plan de réduction d’effectifs, avec la possibilité pour certains salariés concernés de postuler à d’autres fonctions en interne.

Le jeu vidéo et la vidéo immersive passent à la trappe

Apple avait fortement misé sur le contenu immersif pour valoriser le Vision Pro, avec des vidéos en 3D, des concerts, des événements sportifs et des documentaires. Mais cette stratégie coûte cher. Certains contenus peuvent nécessiter plusieurs millions de dollars de production, avec des équipes et des équipements spécialisés. Face au nombre limité d’utilisateurs réguliers, Apple a donc réduit les effectifs consacrés à ces contenus, sans pour autant les abandonner totalement, en privilégiant davantage les productions externes.

Le gaming connaît une situation encore plus difficile, avec une forte réduction de l’équipe dédiée aux jeux sur Vision Pro. Le licenciement apparaît ainsi comme le résultat d’un problème plus large : les capacités technologiques du casque sont importantes, mais son public reste limité. Son prix de lancement, fixé à 3 499 dollars aux États-Unis, ainsi que son poids et son encombrement compliquent également son adoption au quotidien.

Apple doit donc composer avec un produit impressionnant sur le plan technologique, mais difficile à transformer en appareil grand public. Le Vision Pro peut séduire lors d’une démonstration, mais le porter plusieurs heures chaque jour est une autre affaire. Ces difficultés expliquent en partie pourquoi Apple réduit certaines équipes et revoit ses investissements autour du Vision Pro. 

Le Vision Pro n’est pas mort, mais il change de place

Il serait toutefois trop simple de dire qu’Apple abandonne le Vision Pro. Ce n’est pas ce que rapportent les informations disponibles. Apple a indiqué aux équipes que le Vision Pro et son système visionOS ne disparaissaient pas. La plateforme continue donc d’exister. La question porte davantage sur son niveau de priorité. C’est une nuance importante. Apple ne ferme pas nécessairement la porte au casque. Elle ferme plutôt certaines portes autour du casque. Le gaming dédié est réduit.

La production de vidéos immersives est réduite. Les équipes sont réorganisées. Et certains salariés du Vision Pro sont déplacés vers d’autres projets. Selon les informations de Mark Gurman reprises par MacRumors, les coupes ont également touché des personnes travaillant sur la sécurité du produit, l’audio, l’intégration de Siri, les tests et visionOS. Le licenciement ne concerne donc plus uniquement les équipes directement associées aux contenus ou au jeu vidéo. C’est là que l’histoire devient particulièrement intéressante.

visionOS ne sert pas uniquement au Vision Pro. Le système pourrait également jouer un rôle dans les futures lunettes connectées d’Apple. Une partie du travail réalisé pour le casque peut donc servir à une nouvelle génération d’appareils. Autrement dit, le Vision Pro peut perdre des salariés tout en continuant à influencer les produits qui arrivent ensuite. Paradoxal ? Un peu. Mais assez logique dans l’univers technologique. Le Vision Pro pourrait finalement devenir moins un produit destiné à conquérir immédiatement le grand public qu’une plateforme permettant à Apple de tester des interfaces, des technologies et des usages. Le casque reste là. Mais le centre de gravité se déplace.

Pourquoi Apple regarde du côté des lunettes

Le futur semble beaucoup plus petit. Et beaucoup plus léger. Apple travaille sur des lunettes connectées qui doivent davantage ressembler à des lunettes traditionnelles qu’à un casque de réalité mixte. Selon les informations rapportées cette année, le projet de lunettes intelligentes est devenu une priorité, avec une commercialisation évoquée pour 2027. Le contraste avec le Vision Pro est évident. D’un côté, un casque coûteux et imposant. De l’autre, des lunettes que l’on pourrait porter plus facilement au quotidien.

Apple ne cherche donc pas forcément à reproduire le Vision Pro en plus petit. L’objectif serait plutôt de construire une nouvelle catégorie de produit autour de l’IA, de Siri et de fonctions intelligentes accessibles depuis les lunettes. Cette réorientation explique aussi pourquoi certains anciens membres de la Vision Products Group changent de projet. Les compétences restent utiles. Mais le produit final change. Le licenciement d’une partie des équipes peut donc coexister avec une réutilisation d’une autre partie des talents. Apple ne jette pas nécessairement tout ce qui a été développé pour Vision Pro. Elle peut déplacer les compétences vers des appareils jugés plus prometteurs. C’est notamment ce qui rend le calendrier du Vision Pro particulièrement révélateur.

Selon Mark Gurman, Apple travaille toujours sur des technologies destinées à un casque plus léger et moins cher, mais un nouveau modèle ne serait pas attendu avant la fin de 2028, voire 2029. Cela représente un changement spectaculaire par rapport au rythme habituel d’Apple. Un nouveau produit arrive. Puis son successeur tarde. Pendant ce temps, les ingénieurs partent travailler ailleurs. Le message est difficile à ignorer : le Vision Pro n’est plus le véhicule principal du projet spatial d’Apple.

L’IA devient la nouvelle priorité d’Apple

Il reste un autre morceau du puzzle : l’intelligence artificielle. Les licenciements du Vision Pro arrivent au même moment que des changements importants chez Siri et dans les équipes consacrées aux fonctionnalités d’IA. Apple a supprimé environ 100 postes supplémentaires dans ces activités. La firme a créé de nouvelles fonctions liées à sa nouvelle architecture logicielle et à Siri dopé à l’IA.

Le calendrier est loin d’être anodin. Apple cherche à accélérer sur l’IA alors que ses concurrents ont pris beaucoup d’avance dans certains domaines. Les équipes doivent donc être adaptées à de nouvelles priorités. Le Vision Pro se retrouve au milieu de ce changement. Une partie de ses équipes est réduite. Une autre peut être réaffectée. Et certaines compétences deviennent directement utiles pour les futurs produits pilotés par l’IA.

Le remaniement touche également l’Intelligent Systems Experience, une équipe de l’ingénierie logicielle travaillant sur certaines fonctions d’intelligence artificielle des appareils Apple. Le licenciement n’est donc pas uniquement une histoire de réalité virtuelle. C’est une histoire de ressources. Apple doit choisir où placer ses ingénieurs, ses développeurs et ses équipes de contenu. Et, pour l’instant, l’IA prend davantage de place.

Le Vision Pro change de rôle, mais ne disparaît pas

Le changement de direction renforce encore cette impression. John Ternus a pris la tête d’Apple en septembre 2026, après le départ de Tim Cook du poste de directeur général. Les informations rapportées par Mark Gurman indiquent que Ternus était déjà sceptique à l’égard du Vision Pro, notamment en raison de son poids et de son prix. Il faut toutefois distinguer ce qui est confirmé de ce qui relève des informations de sources proches du dossier. Apple, elle, ne dit pas : « nous abandonnons le Vision Pro ». Son discours est différent.

L’entreprise parle de réalignement des équipes et de nouvelles priorités. Elle affirme également que visionOS et le Vision Pro continuent d’exister. Le contraste est donc assez frappant. Le licenciement est réel. La réduction des équipes Vision Pro est réelle. Le recentrage sur l’IA et les lunettes est réel. Mais l’abandon total du Vision Pro n’est pas établi. Pour l’instant, Apple semble plutôt transformer le rôle du casque. Le Vision Pro pourrait rester une vitrine technologique, un terrain d’expérimentation et une base logicielle pour de futurs appareils. Pendant ce temps, les lunettes deviennent le nouveau terrain de bataille.

Et cette fois, Apple devra résoudre un problème très concret : fabriquer un appareil suffisamment léger, abordable et utile pour que les utilisateurs aient envie de le porter tous les jours. Les informations actuelles placent les premières lunettes intelligentes d’Apple autour de 2027, tandis que le futur d’un casque Vision Pro plus léger semble repoussé beaucoup plus loin. Le Vision Pro n’a donc pas simplement perdu des salariés. Il a perdu une partie de sa priorité stratégique.

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