Au Kenya, des employés ont dénoncé le visionnage de vidéos intimes capturées par les lunettes Ray-Ban. Cette affaire a provoqué un licenciement massif au sein de l’entreprise partenaire de Meta. La firme Sama se retrouve aujourd’hui sans contrat après ces révélations sur la vie privée.
La société Meta a mis fin à ses relations avec un prestataire africain important. Selon la BBC, plus de mille personnes ont perdu leur poste suite à cette décision brutale. Les travailleurs devaient analyser des images pour entraîner l’intelligence artificielle des objets connectés. Cependant, certains employés ont révélé avoir vu des scènes très personnelles à l’écran.
Des révélations troublantes sur l’intimité
Les journaux suédois Svenska Dagbladet et Göteborgs-Posten ont publié une enquête marquante en février dernier. Des salariés de l’entreprise Sama ont expliqué devoir regarder des séquences très sensibles. Ils ont affirmé voir des gens sous la douche ou durant des rapports sexuels. Le travail de vérification se faisait sur les fichiers des lunettes Ray-Ban produites par Meta. Les employés se sentaient obligés de traiter ces vidéos malgré leur caractère choquant. Un travailleur anonyme a confié qu’ils devaient simplement faire le travail sans poser de questions éthiques.
Les images étaient censées être filtrées par des algorithmes avant d’arriver aux annotateurs. Pourtant, de nombreux témoins disent que la réalité était bien différente sur le terrain. Le personnel basé au Kenya craint que les utilisateurs ignorent être ainsi filmés dans leur quotidien. Une petite lumière s’allume normalement sur la monture pendant l’enregistrement d’une vidéo ou d’une photo. Mais les travailleurs pensent que beaucoup de gens ne remarquent pas ce signal discret. Le produit Ray-Ban soulève donc des doutes sérieux sur la transparence du matériel.
Il est à noter que la firme Sama est une entreprise certifiée éthique, mais elle a déjà connu d’autres polémiques. Par le passé, elle a travaillé sur la modération de contenus violents pour le réseau Facebook. Elle avait aussi perdu un contrat avec OpenAI en 2022 après des plaintes de traumatismes psychologiques.
Un licenciement perçu comme une sanction
Suite à ces témoignages, un immense licenciement a été annoncé pour l’équipe technique. Meta affirme que son partenaire ne respectait plus ses critères de qualité et de sécurité. De son côté, la direction de Sama dément fermement avoir commis la moindre erreur opérationnelle. Elle soutient avoir toujours suivi les règles imposées par son client américain. Pour le mouvement Africa Tech Workers, ce licenciement punit surtout ceux qui ont osé parler publiquement. Les syndicats au Kenya dénoncent une volonté de cacher la vérité aux futurs clients. Naftali Wambalo estime que les normes évoquées sont en réalité des secrets industriels difficiles à tenir.
Un licenciement massif touche désormais les annotateurs de données du projet. Le gendarme des données au Royaume-Uni, l’ICO, a également jugé ces rapports extrêmement préoccupants. Aux États-Unis, une action en justice a été lancée contre la marque Ray-Ban et sa maison mère. Cette plainte déposée en mars 2026 accuse l’entreprise de tromperie envers les consommateurs. Les autorités au Kenya ont aussi ouvert une enquête officielle sur le traitement des informations personnelles.
Les employés n’ont reçu qu’un préavis de six jours avant leur départ. L’organisation Oversight Lab aide désormais les victimes à explorer leurs options légales. Le contrat avec Sama servait à améliorer la compréhension visuelle de l’intelligence artificielle portable. Les anciens employés regrettent aujourd’hui de ne pas avoir eu plus de protection psychologique. La marque Ray-Ban est désormais au centre d’un débat mondial sur la surveillance discrète.
- Partager l'article :

