Sorti initialement en 2017, Hollow Knight est un jeu vidéo indépendant. Il a réellement marqué l’histoire du genre Metroidvania. Dans cette aventure, les joueurs explorent les ruines d’un royaume d’insectes touché par une terrible malédiction. Aujourd’hui, l’impact culturel de Hollow Knight reste immense.
La genèse de Hollow Knight remonte à un projet de modeste envergure développé lors d’une compétition de créateurs. Ses concepteurs australiens ont su puiser dans leurs souvenirs d’enfance pour bâtir une aventure mémorable. À travers des graphismes dessinés à la main, le titre invite à une plongée mystérieuse sous la surface de la terre. Le public y incarne un guerrier silencieux dont le destin se mêle à celui d’une civilisation déchue. Retour sur un phénomène de l’industrie vidéoludique qui continue de fasciner les passionnés.
Un projet artisanal né d’une passion commune
Le studio Team Cherry se trouve à l’origine de cette production. Fondée par Ari Gibson et William Pellen à Adélaïde, cette petite structure australienne pose les bases de son concept en 2013. Lors d’un rassemblement créatif, le duo conçoit un premier prototype intitulé Hungry Knight. Ce petit jeu flash met en scène un personnage dont les traits préfigurent le futur héros de Hollow Knight. Par la suite, les concepteurs imaginent un univers souterrain bien plus complexe habité par des insectes.
Pour financer leur ambition grandissante, une campagne de financement participatif est lancée en novembre 2014 sur la plateforme Kickstarter. Grâce à l’enthousiasme immédiat du public, la collecte atteint les 57 000 dollars grâce à l’appui de plus de deux mille contributeurs. Cet apport permet au studio de s’agrandir et de recruter de nouveaux talents indispensables. David Kazi rejoint ainsi l’équipe en tant que directeur technique. Dans le même temps, le compositeur Christopher Larkin prend en charge la création de la bande-son atmosphérique.
Sur le plan technique, les développeurs décident d’abandonner le moteur Stencyl au profit de Unity afin de matérialiser convenablement leur vision artistique. Les inspirations majeures du projet proviennent de grands classiques comme Metroid, Mega Man X, Zelda II ou encore Faxanadu. Les créateurs précisent d’ailleurs que Hallownest s’oppose par construction à l’arbre géant de Faxanadu. De plus, le raffinement des contrôles millimétrés s’inspire directement de la réactivité des jeux de plateforme de leur enfance. Le personnage dispose d’une absence totale d’accélération horizontale, ce qui procure une sensation de maîtrise absolue en plein saut.
PC, Switch, PlayStation, Xbox : la conquête méthodique de Hollow Knight
Dès son lancement initial sur PC le 24 février 2017, la production reçoit des critiques de la part de la presse mondiale. Les versions destinées aux systèmes Linux et macOS suivent rapidement le 11 avril de la même année. Le succès critique de Hollow Knight se transforme en une réussite commerciale planétaire. Le titre dépasse le million d’exemplaires vendus sur ordinateurs juste avant sa sortie sur Nintendo Switch le 12 juin 2018.
Ce portage sur la console hybride, initialement prévu sur Wii U avant son annulation, s’écoule à plus de 250 000 unités en seulement deux semaines de commercialisation. Quelque temps après, les joueurs sur PlayStation 4 et Xbox One découvrent le titre sous une version complète intitulée Voidheart Edition. L’engouement autour de cet univers se décline même sur le plan musical avec la publication d’un album d’arrangements pour piano en 2019.
À la découverte des secrets de Hallownest

L’action débute concrètement dans la désolante et paisible bourgade de Dirtmouth. Ce village endormi se situe juste au-dessus des vestiges de Hallownest, un royaume souterrain autrefois glorieux et prospère. Malheureusement, cette ancienne civilisation est tombée en ruines suite à la propagation d’une mystérieuse épidémie magique. Cette Infection s’insinue insidieusement dans l’esprit des insectes par le biais de leurs rêves, provoquant la folie générale et un état de mort-vivant.
Autrefois, le dirigeant du royaume, le Roi Pâle, avait tenté d’enrayer ce fléau destructeur. Pour cela, il enferma la maladie dans le Temple de l’Œuf Noir. Il utilisa un être équipé d’une substance appelée le Vide pour piéger le mal en lui. Ce sanctuaire fut ensuite scellé par l’énergie de trois figures majeures appelées les Rêveurs. Malgré ces précautions, les sceaux magiques ont fini par faiblir avec le temps, laissant la peste s’échapper à nouveau.
Le joueur incarne un être sans nom, un vaisseau rescapé des profondeurs de l’Abîme. Sa mission consiste à parcourir les différentes zones interconnectées de ce labyrinthe pour briser les sceaux des Rêveurs et détruire l’origine de l’Infection, à savoir la déesse oubliée appelée la Radieuse. La narration de cette épopée privilégie une approche environnementale particulièrement subtile. En effet, l’histoire ne se dévoile pas à travers des cinématiques explicites. Les éléments de l’intrigue se reconstituent plutôt à travers les discussions cryptiques avec les personnages non-joueurs.
Les descriptions des objets récoltés et les détails du décor offrent également de précieux indices aux explorateurs attentifs. Au fil de son périple, le protagoniste croise régulièrement la route de Hornet. Cette guerrière agile, fille du Roi Pâle, mettra ses compétences à rude épreuve lors de duels intenses. Plusieurs conclusions narratives sont envisageables selon les quêtes accomplies.
Capacités et backtracking : l’essence du Metroidvania selon Team Cherry
La progression ludique repose sur une exploration non linéaire caractéristique des meilleurs représentants du genre Metroidvania. Le monde se divise en plusieurs régions thématiques possédant chacune une identité visuelle et sonore unique. Les joueurs font face à des obstacles initialement infranchissables, ce qui implique de mémoriser les lieux pour revenir sur leurs pas ultérieurement. Ce mécanisme traditionnel s’active dès que de nouvelles capacités de mouvement sont collectées. Parmi ces outils de déplacement, on note le double saut en plein air, le fait de s’agripper aux murs ou l’exécution de ruées horizontales. Ces compétences s’avèrent indispensables pour franchir des phases de plateforme de plus en plus exigeantes.

En outre, la prise en main se distingue par des affrontements à la fois vifs et punitifs. Le protagoniste combat à l’aide d’une arme semblable à une épée appelée l’Aiguille. En frappant les adversaires, le joueur accumule de l’énergie dans un réceptacle d’Âme. Cette ressource magique sert principalement à restaurer ses points de vie matérialisés par des masques de santé. De plus, elle permet de lancer de puissants sortilèges offensifs à longue portée appris au cours de l’aventure.
Hollow Knight : comment la mort et le système d’Ombre dictent le gameplay
La personnalisation des statistiques s’effectue grâce à un système de Charmes que l’on achète ou découvre dans le monde. Ces objets procurent divers bonus tactiques majeurs, mais leur activation consomme des emplacements limités. La mort constitue un pilier central de cette expérience redoutable. En cas de défaite, le personnage laisse derrière lui une Ombre hostile à l’endroit précis de son échec. Le joueur perd alors la totalité de sa monnaie, le Geo, et sa capacité d’Âme se retrouve amputée.
Il faut impérativement retourner vaincre cette Ombre pour récupérer ses biens sous peine de les voir disparaître à jamais en cas de second décès consécutif. Pour les experts, le mode Âme d’Acier offre un défi ultime où la moindre mort efface définitivement la sauvegarde. La construction minutieuse des mécaniques de Hollow Knight offre ainsi un équilibre remarquable entre punition sévère et récompense gratifiante. Les déplacements rapides sont facilités par un réseau de stations connectées à des tunnels, parcourus à dos de scarabée géant.
Quatre extensions gratuites pour prolonger l’expérience de Hollow Knight
Pour prolonger l’expérience des utilisateurs, l’équipe de développement a déployé quatre contenus téléchargeables entièrement gratuits entre 2017 et 2018. La première mise à jour d’envergure se nomme Hidden Dreams. Déployée au cours de l’été, elle introduit deux combats de boss optionnels particulièrement coriaces. Elle ajoute aussi de nouvelles pistes musicales ainsi qu’un système de téléportation rapide inédit.
Par la suite, l’extension intitulée The Grimm Troupe apporte une quête scénarisée majeure à l’automne. En allumant une lanterne spécifique dans les falaises, les joueurs convoquent une troupe de cirque mystérieuse dans le village. Cette intrigue demande de collecter des flammes cauchemardesques à travers le royaume. Elle se termine par un duel d’une d’une difficulté légendaire contre le Maître Grimm sous sa forme ultime. Ce contenu apporte également de nouveaux charmes et propose des traductions officielles en portugais, en russe et en japonais.
Le troisième ajout gratuit, baptisé Lifeblood, se concentre principalement sur l’optimisation technique de l’expérience globale. Il apporte des corrections de bugs, des ajustements de la palette de couleurs et un affrontement révisé contre un boss existant. Enfin, l’ultime extension intitulée Godmaster propose un défi titanesque pour les joueurs les plus acharnés. Ce mode introduit la tribu des Chercheurs de Dieux et ouvre l’accès à une zone spéciale nommée la Maison des Dieux. Les utilisateurs peuvent y affronter des vagues successives de boss au sein de plusieurs Panthéons exigeants. Le dernier d’entre eux regroupe la totalité des boss du jeu et culmine avec l’Absolute Radiance, une version encore plus redoutable du boss final. Réussir cet exploit permet d’ailleurs d’accéder à deux fins alternatives qui viennent clore magistralement l’histoire du réceptacle.
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