Meta et EssilorLuxottica font désormais face à une plainte lourde de conséquences. Les lunettes connectées Ray-Ban Meta se retrouvent dans la tourmente. Le dossier est désormais entre les mains de la justice américaine.
Meta et EssilorLuxottica sont poursuivis devant un tribunal fédéral du Massachusetts. À l’origine de la plainte, Solos Technology, un fabricant de lunettes connectées basé à Hong Kong. L’entreprise affirme que ses innovations ont été reprises sans autorisation. Selon elle, plusieurs éléments clés de ses brevets se retrouveraient dans les produits concurrents lancés par Meta. L’affaire pourrait coûter très cher aux deux géants. Solos parle déjà de plusieurs milliards de dollars.
Des brevets au cœur du conflit
Solos explique travailler sur les lunettes connectées depuis près de dix ans. À l’origine, la marque visait surtout les cyclistes. Avec le temps, elle a ajouté des fonctions plus avancées. Audio intégré, capteurs, traitement des données, intelligence artificielle. Tout un ensemble de briques techniques que l’entreprise dit avoir protégées par des brevets.
Dans sa plainte, Solos accuse Meta et EssilorLuxottica d’avoir utilisé ces bases techniques pour développer leurs propres modèles. Les lunettes Ray-Ban Meta Wayfarer sont particulièrement visées. L’entreprise affirme que même les versions plus récentes reposent sur cette première génération. Pour Solos, il ne s’agit pas d’une simple ressemblance. Elle parle d’une violation volontaire et répétée.
Autre point sensible, l’accès aux informations. Solos affirme que des employés d’Oakley et d’EssilorLuxottica ont découvert sa technologie dès 2015. Des réunions auraient eu lieu. Des prototypes auraient été testés. Du côté de Meta, l’entreprise met en avant le parcours d’une chercheuse affiliée au MIT Sloan. Ses travaux citaient les brevets de Solos avant qu’elle ne rejoigne Meta comme cheffe de produit.
Le contraste entre l’échec discret de Solos et le succès de Meta
Sur le marché, les deux entreprises n’ont pas connu le même destin. Solos a bien lancé plusieurs modèles, dont la gamme AirGo. Ces lunettes proposent de la traduction en temps réel, de la musique ou encore l’intégration de ChatGPT. Mais le public n’a pas vraiment suivi. Les avis sont souvent mitigés. Le service client est aussi critiqué.
À l’inverse, les lunettes Ray-Ban Meta rencontrent un vrai succès. Les retours sont globalement positifs. La demande est forte. Meta et EssilorLuxottica ont même évoqué un doublement de la production. Pour Meta, ces lunettes sont l’un des rares produits matériels à bien fonctionner. Le groupe a d’ailleurs réorganisé sa division Reality Labs pour se concentrer sur l’intelligence artificielle et les objets connectés.
Cette réussite rend l’affaire encore plus sensible. Solos demande non seulement des dommages financiers, mais aussi une interdiction de vente. Une telle décision pourrait freiner brutalement l’élan du marché. Le secteur des lunettes connectées attire de plus en plus d’acteurs. Les conflits de brevets se multiplient. Meta est déjà impliqué dans d’autres litiges, notamment autour de technologies liées aux signaux musculaires. Dans ce contexte tendu, cette nouvelle affaire montre à quel point la bataille pour l’innovation est aussi une bataille juridique.
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