Les géants de la Silicon Valley poussent un soupir de soulagement après un arbitrage inattendu venu de Bruxelles. La Commission Européenne vient en effet d’alléger ses règles de fabrication pour plusieurs appareils électroniques portatifs. Cet assouplissement inespéré va faciliter l’importation de nouvelles lunettes connectées équipées de batteries impossibles à retirer soi-même.
Pour séduire le public, la finesse d’un produit technologique porté sur le nez est très important. C’est pour cette raison pratique que l’intégration de petites batteries rechargeables scellées dans les branches reste indispensable. Sensible à ces contraintes de design, la Commission Européenne a choisi d’exclure ces montures high-tech d’une réglementation écologique pourtant très stricte. Cette décision permet aux fabricants d’inonder le marché avec des lunettes connectées légères et ergonomiques. Toutefois, cette victoire industrielle ne fait pas oublier les immenses interrogations juridiques qui pèsent sur l’intimité des citoyens.
Un coup de pouce réglementaire très convoité
Un vent de panique soufflait récemment sur l’industrie des technologies portables. En cause, un projet de loi européen imposant des batteries faciles à remplacer par le consommateur d’ici 2027. L’objectif de départ était de favoriser la réparabilité et le recyclage des appareils nomades. Pourtant, pour les concepteurs, intégrer des compartiments amovibles pour les batteries représentait un véritable cauchemar d’ingénierie sur des montures si fines. Un tel choix matériel aurait alourdi le produit et généré d’importants risques de surchauffe près du visage. Devant la menace d’un blocage commercial, la diplomatie américaine est donc montée au créneau pour plaider la cause du design et de la sécurité des usagers.
La Commission Européenne a finalement cédé aux arguments techniques en publiant un amendement salvateur. Ce texte officiel dispense formellement les objets miniatures, dont les fameuses lunettes connectées, de cette contrainte de démontage à domicile. Les réparations lourdes resteront confiées à des professionnels, mais l’utilisateur n’aura pas à manipuler ces éléments fragiles sur sa table de cuisine. Cette décision prise par la Commission Européenne permet d’harmoniser le marché mondial des technologies à porter sur soi. Pour les constructeurs, pouvoir proposer des lunettes connectées identiques partout dans le monde simplifie grandement la chaîne logistique et réduit les coûts de production.
La surveillance invisible sous le feu des critiques
Cependant, le soulagement entourant les batteries miniatures ne règle pas l’immense débat démocratique qui agite la société. De fait, l’installation de mini batteries n’efface en rien les craintes liées aux caméras intégrées à hauteur des yeux. En effet, l’enregistrement de vidéos à l’insu des personnes croisées dans la rue pose un sérieux problème éthique. L’État de New York a d’ailleurs pris les devants en interdisant totalement ces appareils dans ses tribunaux pour éviter des captations clandestines.
Chez nous, le gendarme de l’informatique n’a pas attendu une crise pour réagir. Une étude publiée par la CNIL montre que la grande majorité des usagers craignent de voir leur vie privée bafouée par ces lunettes connectées d’un nouveau genre. L’organisme français rappelle que la captation d’images sans consentement est punie par la loi. Le Comité européen de la protection des données s’est également saisi du dossier pour évaluer le déploiement de ces lunettes connectées dans l’espace public. De plus, de récentes révélations sur l’entraînement d’intelligences d’origine privée rappellent à quel point les données restent vulnérables. On soupçonne notamment certains sous-traitants d’avoir analysé des séquences extrêmement intimes pour perfectionner des algorithmes.
Bien que la Commission Européenne ait grandement facilité la tâche matérielle des constructeurs, le combat juridique ne fait que commencer. Les régulateurs rattachés à la Commission Européenne comptent bien imposer un cadre strict sur la capture d’images pour préserver la liberté de chacun dans la vie de tous les jours.
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