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La réalité virtuelle, un monde sans limite ?

Investissements réalité virtuelle 2017

L’industrie des jeux vidéo en parlait depuis longtemps. Les joueurs l’attendaient impatiemment. On disait qu’ils allaient révolutionner la façon de jouer, que plus rien ne serait pareil. Aujourd’hui, peut-on réellement dire que la réalité virtuelle a tenu toutes ses promesses ?

Les casques de réalité virtuels étaient annoncés comme LE changement, une innovation qui allait faire rentrer les jeux vidéo dans une nouvelle ère. Force est de constater qu’un an après leur lancement, les casques des différentes marques n’ont pas convaincu le public. Plusieurs explications sont avancées, des prix élevés, les fameux maux de tête que les casques provoqueraient et surtout le fait que les jeux ne soient pas encore à la hauteur. Il n’existe pas de jeu star qui tirerait cette nouvelle industrie vers le haut, comme Super Mario ou Sonic ont pu le faire dans les années 1980. Pourtant, plusieurs marchés semblent s’ouvrir pour les casques de réalité virtuelle, dans d’autres médias, on vous explique.

Le festival I love Transmedia comme baromètre

i love transmedia

Début octobre, calé sur le calendrier de la Nuit Blanche, avait lieu à la Gaîté Lyrique le festival I love Transmedia. Depuis six ans, ce festival s’évertue à mettre en avant des créations artistiques utilisant plusieurs médias : audiovisuel, jeu vidéo, web, spectacle vivant… Cette année c’est un projet produit notamment par Arte qui a attiré l’attention des visiteurs. Alteration est un court métrage tourné en 3D avec des caméras à 360°, conçu pour les casques de réalité virtuelle. Ce festival présente chaque année les nouveautés des arts numériques comme ce spin-off en 360° de la série de Canal + Le Bureau des légendes. I love Transmedia prouve que la réalité virtuelle s’inscrit toujours dans une démarche de création artistique, mais peut-être pas forcément là où on l’attendait.

Le spectateur au centre

Il existe la théorie du quatrième mur, ce mur invisible qui sépare le spectateur de la scène. Le spectateur est passif et observe la scène d’un regard extérieur. Dans les arts, la réalité virtuelle ferait tomber ce quatrième mur, replaçant le spectateur cette fois-ci dans la scène. Cette technologie, ce concept, pourrait dès lors sortir du simple cadre artistique. Des entreprises se penchent déjà sur la question de la réalité virtuelle dans le sport. Pourquoi ne pas donner l’impression au spectateur d’être dans le stade ? Voire sur le terrain ? De même, pourquoi le monde de l’information ne s’emparerait pas du phénomène, pourquoi ne pas imaginer des reportages, des duplex en réalité virtuelle, ce qui pourrait donner l’impression au spectateur d’être lui aussi présent avec le reporter.

Un outil qui reste à définir

Ventes casques VR second trimestre 2017

Est-ce un art à part entière ou bien moyen de faire de l’art ? La question se pose encore et c’est bien là toute la problématique de la réalité virtuelle, elle reste entièrement à définir. Il n’existe pas encore de codes, de structures, tout est possible et inimaginable et c’est ce qui la rend très attrayante. Dans un article consacré au sujet par Le Monde, le sculpteur islandais Baldur Helgason expliquait : « C’est un art encore non résolu. Dans cette discipline, il n’y a ni maîtres, ni règles, ni canons. ». Au-delà de son aspect artistique, la réalité virtuelle est surtout transversale. Le marketing lorgne déjà sur les nombreuses possibilités. Comme le rapporte 1&1, des cas d’essayages virtuels existent déjà. Ikea rend d’ailleurs possible de visualiser des objets du catalogue dans son salon.

Si l’on attendait la réalité virtuelle sur le terrain des jeux vidéo, les chiffres récemment publiés prouvent que pour l’instant l’alchimie ne prend pas. Mais cela ne signifie pas la fin de la réalité virtuelle, loin de là. Les arts se sont emparés du phénomène, bouleversant les codes préexistants. Le spectateur a désormais l’occasion de se retrouver au cœur de l’action. Les possibilités semblent infinies et le monde du marketing l’a bien compris. La réalité virtuelle pourrait donc connaitre un boum là où l’on ne l’attendait pas.