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Le passé, le présent, le futur de l’Oculus Rift

Oculus Rift Mac

Rencontre avec  Renaud Jungmann, directeur de LISAA

Avec la conquête de notre monde réel par l’Oculus Rift, de nombreuses personnes se sont prêtées au jeu du test. Cette expérience parfois décevante mais qui, pour la plupart, reste un phénomène unique et révolutionnaire. Renaud Jungmann, directeur de LISAA (L’Institut Supérieur d’Arts Appliqués) de Paris l’a testé et nous a donné ses impressions. Je me suis alors rendue dans les locaux de la section GAME de cette école. Au sein même des futurs développeurs de jeux vidéos, nous avons parlés de l’Oculus Rift.

Ces dernières années, nous avons eu l’occasion de voir défiler différents casques permettant une immersion dans le jeu vidéo. Bien que peu concluantes, ces inventions ont laissé une trace. En effet, nous avons tous plus ou moins rêvé d’un concept qui nous donnerait la possibilité de plonger dans nos jeux préférés.

Aujourd’hui nous avons l’Oculus Rift, ce casque à réalité virtuelle, qui pourrait bien s’immiscer au fil du temps dans nos logis. Voici comment le directeur de LISAA nous explique son premier sentiment envers l’Oculus :

On m’en avait beaucoup parlé, toutefois, avec les souvenirs que j’avais des différents dispositifs offrant une réalité virtuelle, j’étais septique vis à vis de l’Oculus Rift. Est-ce si bien qu’on le dit?

L’Oculus Rift possède deux catégories différentes de fans. Il y’a ceux qui ont testé le casque et qui l’ont tout de suite adopté, et ceux qui l’idolatre sans même l’avoir touché. Avec l’essai d’Half Life 2 ainsi que la demo Dumpy : Going Elephants, Renaud Jungmann nous délivre ses impressions, son ressenti, et sa réflexion :

Pour ce premier essai, j’ai essayé Half Life 2. Ce type de jeu n’est pas celui dans lequel je m’éclate le plus en général. Avec cette adaptation pour l’Oculus, nous avons certes une immersion, mais peut être pas si nécessaire que ça. Au contraire, j’ai pris beaucoup plus de plaisir avec Dumpy : Going Elephants. Nous avons là une véritable création destinée au casque.

La différence observée précédemment par notre directeur, ne fut autre que l’écart existant entre les jeux crées spécialement pour l’Oculus Rift, et les jeux adaptables. Un réel fossé se crée. En effet, même si les jeux deviennent compatibles à l’avenir, cela ne fera pas d’eux des jeux conçus pour le Rift. Là est la nuance. Les sensations ne seront pas les mêmes. Comme pour Dumpy : Going Elephants où Renaud nous décrit :

J’ai vécu une expérience convaincante avec de vraies sensations d’espace. Nous sommes face à un phénomène nouveau mais aussi vécu. Lorsque l’on joue à un jeu crée pour le casque, notre mémoire est d’autant plus mise à l’épreuve, nous essayons de nous souvenir d’où nous sommes venus afin de retrouver notre chemin comme dans la réalité.

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Avec un tel enthousiasme, on ne peut qu’imaginer une émulsion d’idées venant d’un formateur de futurs développeurs de jeux vidéos. Il est vrai que l’essai du casque par Renaud Jungmann a suscité chez lui un réel intérêt et un fort questionnement. Pourrions-nous voir d’ici peu un poste Oculus Rift à LISAA ?

Suite à cet essai j’ai décidé d’acheter l’Oculus Rift. J’ai donc pour projet de le ramener à l’école afin que les élèves qui le souhaitent puissent en profiter.

Le développement d’un jeu vidéo demande du temps et de l’énergie. Néanmoins, il y’aura certainement des élèves intéressés par ce support pour envisager une création. A cela, Renaud a répondu :

Pour envisager la création d’un jeu pour l’Oculus Rift, il faudra tout d’abord anticiper la culture de celui-ci et la démystifier. Comprendre les demandes des joueurs, et se questionner afin de savoir quel type de jeu faire pour ce casque. Pour avancer dans ce sens, il faudra anticiper un raisonnement, et savoir déjouer les frustrations des élèves avides d’hyper réalisme.

En effet, le DK1 de l’Oculus n’offre pas encore une résolution full HD. Alors que les consoles next-gen proposent des graphismes de plus en plus réalistes, les élèves seront-ils assez convaincus par le casque pour accepter de travailler sur un projet demandant une toute autre approche? C’est ce que nous verrons à l’avenir, cependant, leur directeur, lui, voit les choses en grand :

Nous devrons certainement aboutir à une transformation des élèves consommateurs de jeux, en développeurs de jeux. Ils devront s’approprier l’Oculus afin de créer le type de jeu qui sera en osmose avec ce casque. Les décors devront être aboutis, puisque nous savons que les jeux Oculus sont pour la plupart démonstratifs et contemplatifs. Tout ceci dans le but d’aboutir à un développement ludique.

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En faisant la liste de ce que pourrait apporter l’Oculus Rift, nous en sommes venus à parler de Mickael Stora. Ce psychologue se bat pour défendre les jeux vidéos et les bienfaits qu’ils ont sur certaines pathologies. Il serait intéressant de connaître son point de vue sur ce casque totalement immersif.

Immersif et pas des moindre, malgré les nombreux points fort du Rift, nous ne pourrons pas échapper à la vague de ces journalistes qui auront les mains remplies de critiques en tout genre. En effet, les impressions sont bonnes et les sensations sont de même, mais néanmoins on peut constater une réelle coupure entre le porteur du casque et les gens qui le regarde. Comme nous le confit Renaud :

J’étais complètement coupé du monde. Concentré dans ma tache (Dumpy: Going Elephants) je faisais abstraction des gens qui m’entouraient. En rentrant chez moi j’ai eu le souvenir du clip Extra réalisé par Koji Miromoto pour Ken Ishii.

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Ces paroles pourront être minimes au coté de celles des journalistes qui pourraient bien faire de l’Oculus Rift un accessoire trop addictif et dangereux. Coupant les enfants du monde réel, et les incitant encore plus à la violence avec cette réalité virtuelle.

Malgré les nombreuses critiques qui pourront survenir au fil du temps, l’Oculus Rift reste la révolution du jeu vidéo, et fait de plus en plus de fans. L’essayer c’est l’adopter puisqu’une étude personnelle m’a montré qu’une personne essayant l’Oculus sera tentée dans les jours qui viendront d’acheter ce casque. Ce fut le cas de notre chère directeur qui passera commande d’ici peu (si ce n’est pas déjà fait). A travers cet interview nous avons pu parcourir les différents points à explorer pour l’Oculus Rift à l’avenir. Quel poids celui-ci pourra avoir dans une école formatrice des développeurs de demain? Seul l’avenir nous le dira. Je remercie Renaud Jungmann de m’avoir reçu dans son école, de m’avoir consacré du temps et d’avoir répondu à mes questions.

 

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