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Pour les investisseurs, la RV n’a jamais été aussi réelle

John Gabbert, président de Pitchbook

Selon le nouveau rapport publié fin novembre de la société d’analyse de marché PitchBook, le secteur de la réalité virtuelle dispose d’une large confiance des investisseurs depuis ses débuts qui n’hésitent plus à amener des actifs colossaux pour développer et consolider ce segment émergent.

4 milliards de dollars : c’est la somme totale déjà investie dans le secteur de la réalité virtuelle depuis 2010. Relayée par le vénérable magazine d’économie Fortune, cette information issue du dernier rapport du cabinet d’analyse de marché PitchBook montre l’intérêt considérable que possèdent les petites entreprises versées dans les nouvelles technologies pour les grands groupes, qui ne cessent de préparer la prochaine vague d’innovations autour de la réalité virtuelle, dont l’année 2016 est prophétisée comme le moment prévu de l’éclosion du marché. Fortune identifie d’ailleurs quatre tendances majeures émanant directement de celui-ci : Tour d’horizon de la situation.

Les entreprises de la réalité virtuelle attirent les convoitises

Si cela n’a rien d’une surprise, l’investissement accordé aux sociétés développant des projets sur la réalité virtuelle a pris un tournant en 2014 lorsque Facebook annonce faire l’acquisition d’une start-up technologique au nom obscur mais au projet prometteur : pour 2 milliards de dollars, le géant des réseaux sociaux s’approprie Oculus VR, la société qui développe le premier prototype de visio-casque destiné à la réalité virtuelle.

Véritable coup d’envoi pour la course à la subvention, l’opération financière de Facebook jette les bases d’une ré-évaluation du cours de la réalité virtuelle, qui poursuit depuis son envolée. Les exemples ne manquent pas pour décrire le phénomène : Lensar, entreprise de Floride spécialisée dans la simulation en réalité virtuelle pour le domaine médical, a ainsi pu bénéficier depuis 2005 d’un financement à hauteur de 191 millions de dollars avant de devenir la cible prioritaire de l’assureur californien Alphaeon pour un rachat s’élevant à 59 millions de dollars.

Nous sommes cependant bien loin de l’exemple le plus probant de cette tendance à l’investissement massif : Magic Leap, spécialisée dans la discipline soeur de la réalité virtuelle, la réalité augmentée, enregistre à partir de 2012 près de 600 millions de dollars de financement provenant d’entreprises comme Qualcomm mais surtout Google, convaincus du potentiel intrinsèque du projet.  Décidé à ne pas s’arrêter en si bon chemin, Magic Leap vient de prévoir une nouvelle levée de fond record, d’un milliard de dollars.

Image de l'interface de Magic Leap
Magic Leap avait impressionné lors de sa vidéo de présentation en nous livrant sa vision de la réalité augmentée.

2015 est l’année de toutes les folies pour la réalité virtuelle

Comme vient de nous le démontrer Magic Leap, l’année 2015 ne peut être considéré que comme une année faste pour les récentes entreprises du secteur, en totalisant 602 millions de dollars de financement provenant de plusieurs grands groupes. En tête de liste se situe celui des studios Disney, d’un montant de 65 millions de dollars à l’entreprise Jaunt : celle-ci, également pionnière de la réalité virtuelle, dispose d’un répertoire de clientèle chargé comprenant The North Face, ABC News, et également Paul McCartney. Actuellement associée au festival du film indépendant Sundance, Jaunt ne cache pas ses ambitions de s’attaquer au marché hollywoodien par le biais de la réalité virtuelle, selon les mots de son président Arthur Van Hoff.

Au classement des entreprises investissant dans la réalité virtuelle, nous retrouvons donc Google Ventures, mais aussi Rothenberg Ventures et Intel Capital, toujours selon le rapport de PitchBook.

Prise de vue via une caméra Jaunt
Jaunt compte bien incorporer la réalité virtuelle dans le marché hollywoodien.

La réalité virtuelle s’exporte partout

La réalité virtuelle ne renvoie-t-elle pas à un vieux fantasme de l’être humain, comme expérimenter des situations surréalistes en étant au plus proche du réel ? Si cette technologie dispose du socle d’appui suffisamment solide que représente le secteur du jeu vidéo et du divertissement pour s’exprimer, d’autres pistes sont désormais envisageables pour la réalité virtuelle : dans le domaine du sport par exemple, l’équipe professionnelle de basket d’Oakland aux États-Unis, les Golden State Warriors, s’est associée à Next VR pour retransmettre leurs matchs de NBA en direct, en totale immersion.

D’autre part, les secteurs du BTP et de l’architecture sont susceptibles d’être également impactés par le développement de la réalité virtuelle afin de concevoir de nouveaux prototypes et illustrer certains plans de construction grandeur nature. Nike a également manifesté son intérêt pour cette technologie afin de l’implanter dans un logiciel de personnalisation virtuelle de chaussures de sport. Cette versatilité donne à la réalité virtuelle un rayon d’action suffisamment large pour désormais intéresser n’importe quel type d’entreprise.

Utilisation de Next VR pour visionner un événement sportif
Next VR, la révolution des retransmissions d’événements sportifs ?

Mais le marché de la réalité virtuelle reste embryonnaire

En dépit de toutes les avancées et les investissements conséquents mis en commun pour développer un concept abouti, la réalité virtuelle reste encore à confirmer sur le plan commercial rappelle le rapport de PitchBook. Ses auteurs même sur son immaturité qui incite encore à la circonspection.

Nous ne sommes pas encore sûrs à propos de la trajectoire que va prendre le marché de la réalité virtuelle, ni des dimensions exactes de son expansion, mais tout laisse à penser que les fondations nécessaires à sa création sont légitimement présentes aujourd’hui.

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