Accueil / Secteurs d'applications / Cinéma / Une pièce de théâtre pour représenter la VR à la Mostra de Venise

Une pièce de théâtre pour représenter la VR à la Mostra de Venise

Nommé à la Mostra de Venise, dans la catégorie expérience en réalité virtuelle… Alice, a virtual reality play ! Pièce de théâtre interactive en VR, le projet du studio DVgroup redéfinit le contrat passé avec le spectateur, en lui donnant un rôle et un pouvoir. Interview.

Alice, the virtual reality play se joue cette semaine à la Mostra de Venise. C’est une expérience, en réalité virtuelle, particulière : elle se joue, comme une pièce de théâtre. Une pièce dont le spectateur, équipé d’un casque de réalité virtuelle, est l’acteur principal. Objetconnecte.net a interviewé Julien Abbou, directeur des opérations de DVgroup, studio à l’origine de ce projet qui ne ressemble à aucun autre.

Mostra de Venise Alice the virtual reality play DVgroup

Alice aux pays des merveilles, en VR, à la Mostra de Venise

“Tu arrives et tu es accueilli par quelqu’un qui t’explique que tu es Alice, du roman de Lewis Carroll, et que tu es en retard. On te guide jusqu’à un rideau, rouge, un rideau de théâtre.” Julien Abbou raconte posément, à la terrasse d’un café. Sa voix se perd, un peu, dans le vacarme de l’orage.

“Là, tu enfiles un casque de VR : dans la réalité virtuelle, tu es face à un rideau rouge, identique au vrai. Il s’écarte et face à toi, une boîte. Tu vas pour ouvrir la boîte, et quand tu la touches dans la réalité virtuelle, tu la touches aussi de tes mains.

C:\Users\PUBLITHINGS\Downloads\mostra-de-venise-alice-the-virtual-reality-play-7.png

C’est là que réside une partie de la magie qui anime Alice, a virtual reality play. Tous les éléments avec lesquels le spectateur est amené à interagir, il les aura dans les mains, il les aura en face de lui. Et pas que les objets : les personnages sont là eux aussi, sur scène. Équipés de capteurs sur le corps et d’un masque qui lit et retranscrit en direct leurs expressions faciales, ils jouent, ils composent en fonction des réactions du spectateur.

Redéfinir le contrat passé avec le spectateur

“On demande aux gens de faire des choses dans l’expérience, on les engage”, explique Julien Abbou. Et en effet, le rôle du spectateur est ici bien réel. Il est à la fois observateur et acteur principal. Cela va sérieusement dénoter des films projetés à la Mostra de Venise. “On a redéfini le contrat passé avec le spectateur”, analyse de directeur des opérations, “il a une présence dans l’expérience”. En fonction de ses décisions, l’expérience peut durer d’un quart d’heure à une demi-heure.

Son thé noir à la main, Julien Abbou détaille les objectifs derrière ce nouveau format narratif : “Tu vis l’histoire, tu ressens des émotions primaires profondes”. Il a vu des spectateurs débordés par ces émotions, totalement submergés. C’est le but de Alice, a virtual reality play, “faire ressentir des émotions fortes en réalité virtuelle en utilisant des codes qui ne sont pas du tout ceux du jeu vidéo”.

Mostra de Venise Alice the virtual reality play DVgroup

Des professionnels du théâtre, du cinéma, des techniciens et des programmateurs

Là-dessus, le directeur des opérations est catégorique. « La VR n’est pas réservée au jeu vidéo, elle peut s’adapter aux structures narratives. Alice, ce n’est pas du jeu vidéo. » Logique, dira-t-on, car il n’existe pas encore de catégorie jeu vidéo à la Mostra de Venise. « C’est une expérience qui a été pensée par des gens du cinéma et du théâtre, car ils ont tous deux une vision très différente. Un acteur de théâtre assimile mieux l’espace, s’approprie la scène sur laquelle il évolue, mais n’a aucune notion de plans, de positionnement de la caméra.”

Outre les professionnels du spectacle, il a fallu les compétences de techniciens et de programmateurs. “On a de la chance, car on a beaucoup de compétences en France. En Bretagne notamment, il y a des gens très pointus en VR”, remarque Julien Abbou. Sans leurs nombreux partenaires, Synergy Cinéma, Imaginarium, IKinema, Dynamixyz et Bretagne Production International, “rien de tout cela n’aurait été possible”.

Mostra de Venise Alice the virtual reality play DVgroup

“La Mostra de Venise, c’est la reconnaissance de la maturité de notre projet.”

Et ce “tout cela”, c’est bien plus que ce que toute la troupe ne l’aurait imaginé. Ça a commencé par « une présentation très confidentielle à Cannes”, par laquelle ils se sont fait remarquer par la Mostra de Venise. Dans l’instant a suivi l’invitation de Alice, the virtual reality play à concourir dans une toute nouvelle catégorie, celle de la réalité virtuelle.

“Être nommés à la Mostra, c’est la reconnaissance de la maturité de notre projet. Alice, c’est la première brique, on est déjà en train de penser à la suite. Mais c’est une brique qui se suffit à elle-même”, se félicite Julien Abbou. Il faut dire que cette expérience est le fruit de deux ans de réflexion, “elle n’est pas sortie d’un chapeau”.

Mostra de Venise Alice the virtual reality play DVgroup

La seule problématique de ce projet est sa viabilité économique. Pour un spectateur il faut au moins 6 personnes. “En tant que tel, ce n’est pas un projet qui va s’ouvrir au grand public, ce n’est pas rentable.”

Après le festival de Cannes, la Mostra de Venise, puis le Canada et les USA

Après avoir visité Cannes et Venise, la troupe va tourner au Canada et aux États-Unis. Mais toujours dans des festivals où le public sera limité et professionnel. Mais pas d’inquiétude : “On réfléchit à une suite qui soit économiquement pérenne et ouverte au grand public.”

Dans les six mois à venir, “il va y avoir beaucoup d’annonces autour de DVgroup”, prédit Julien Abbou. Il ne reste plus qu’à être enthousiaste et, surtout, patient, en attendant ce qui viendra après la Mostra de Venise.

  • ze0

    «  »programmateurs » »
    Programmeur ou développeur serait plus juste non ?

Send this to friend